La première pierre de l’usine de production d’hydrogène vert Sunrhyse est posée à Signes (Var) mercredi 14 décembre par le groupe Hy2Gen, déjà présent en Allemagne, en Norvège et au Canada, mais ses débouchés sont déjà tracés: «Nous avons lancé ce projet dans le cadre de l’écosystème Hynovar, lancé dès 2016 par la CCI du Var pour structurer et déployer une filière hydrogène dans le département en associant une quinzaine de partenaires», explique Cyril Dufau-Sansot, président d’Hy2Gen France, filiale d’Hy2Gen AG, fondé en 2017 en Allemagne».
«Labellisé dans le cadre de l’appel à projets Ecosystèmes territoriaux de l’hydrogène de l’Ademe, Sunrhyse est la brique de production centralisée pour l’ensemble de l’écosystème qui prévoit des usages portuaires, maritimes et routiers, l’approvisionnement de groupes électrogènes sur des chantiers, l’alimentation de piles à combustible qui sera le premier usage développé sur le port de Brégaillon pour raccorder électriquement les navires de Corsica Ferries… Nous servirons donc principalement le Var, mais nous pourrons répondre aussi à des demandes de la Principauté de Monaco ou dans les Bouches-du-Rhône», ajoute le dirigeant. «Nous investissons 20 millions d’euros dans cette unité qui détient son permis de construire depuis septembre. Le plateau de Signes est un lieu de valorisation idéal pour ce projet écologique et vertueux dont les travaux se dérouleront sur 2023-2024», se félicite Cyril Dufau-Sansot.
Produire 12 tonnes par jour à moyen terme
Implanté sur une emprise foncière de six hectares, le site, première unité française d’Hy2Gen, fonctionnera sur la base d’une électrolyse à membrane électrolytique polymère (PEM), une technologie éprouvée. L’Ademe et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur appuient sa réalisation à hauteur de 30%, le reste du financement relevant de fonds propres (30%) et de dette bancaire (40%). Dans sa première tranche qui s’assimile à un démonstrateur préindustriel, l’usine doit monter de 800 kilos par jour au départ, à 2 tonnes par jour et tourner avec une quinzaine de personnes. Mais Cyril Dufau-Sansot planche déjà avec ses équipes sur les études et autorisations d’une usine qui vise à produire 12 tonnes par jour avec une cinquantaine de salariés directs.
«L’investissement sera alors bien supérieur, de l’ordre de 70 millions d’euros. Nous ambitionnons de le mettre en service pour 2026 afin de couvrir des usages complémentaires qui viendront à l’avenir», indique le dirigeant qui se réjouit de l’acceptation du projet dans le Var (le permis n’a pas donné lieu à des recours) alors que Hy2Gen se heurte dans les Bouches-du-Rhône, dans le cadre de la reconversion de la centrale thermique de Gardanne (Bouches-du-Rhône), à l’opposition d’une partie de la population à son unité Hynovera. Il ne désespère pas de réussir à convaincre. «Nous ne sommes pas sur les mêmes échelles de grandeur en termes d’investissement, mais la concertation publique qui a été organisée a permis de dégager des axes de travail sur lesquels nous nous penchons, dans l’attente du rapport des garants de cette concertation, attendu avant le 21 décembre», indique Cyril Dufau-Sansot.



