En plein envol, la start-up française Hopium, qui développe des véhicules à hydrogène haut de gamme dont elle espère démarrer la production en 2025, va peut-être devoir couper ses propres ailes. Dans un communiqué publié vendredi 13 janvier, l'entreprise annonce analyser «sa structure de financement et de coûts, laquelle pourrait conduire à une réduction de la masse salariale après une période de recrutement importante qui a permis d'intensifier les efforts de R&D». «Cette réduction dépendra des contours définitifs du plan stratégique qui est en cours d'élaboration», poursuit-elle.
Car la société créée en 2019 par le pilote de course français Olivier Lombard, âgé de seulement 28 ans à l’époque, définit actuellement une nouvelle feuille de route «tenant compte des capacités de financement et de nouveaux objectifs opérationnels», avait-elle fait savoir dans une autre publication datant du 22 décembre 2022, et faisant suite à un conseil d’administration réuni trois jours plus tôt.
Elle avait annoncé deux nominations (Sylvain Laurent, en qualité de directeur général et Philippe Baudillon, directeur général délégué) pour piloter la nouvelle phase dans laquelle entre Hopium. Après avoir passé trois années à développer son véhicule dont elle a dévoilé un premier prototype, la «Machina», en juin 2021, le constructeur doit s’attacher à «préparer les cycles de commercialisation et les débouchés nouveaux reposant sur la pile à combustible à hydrogène».
Un premier site de production dans l’Eure
Il prévoit plusieurs scénarios, «y compris le séquençage et le calendrier de la commercialisation de l’Hopium Machina, et la possibilité de commercialiser ou de licencier dans un premier temps sa pile à combustible» et estime pouvoir «faire face à ses besoins de financement estimés jusqu'au 30 juin 2023». Interviewé par Ouest-France à l’occasion du Mondial de l’auto 2022, Hopium indiquait avoir levé 95 millions d'euros. Il devra toutefois trouver de nouveaux financements pour poursuivre ses ambitions.
La berline, qui devrait être vendue au prix de 120 000 euros, promet une autonomie de 1 000 kilomètres pour une puissance de 500 chevaux et un poids inférieur à deux tonnes. Il s'agirait du premier véhicule à hydrogène non-utilitaire assemblé en France. Hopium avait annoncé en septembre 2022 son intention d'implanter sa première usine de production à Douains (Eure). La société prévoyait d’y atteindre une capacité de production de 20 000 véhicules par an et d'employer à terme 1 500 personnes.
Le Crédit Agricole séduit par les berlines d'Hopium
En octobre 2022, CA Consumer Finance, la filiale de crédit à la consommation du Crédit Agricole annonçait commander 10 000 automobiles à la start-up. «Agilauto, marque spécialisée dans la vente et le financement automobile du groupe Crédit Agricole en France, proposera la berline à hydrogène du constructeur français Hopium dans le cadre de programmes destinés à ses clients particuliers ou professionnels», avait indiqué un communiqué du groupe.
Si Hopium croit à son véhicule à pile à combustible pour décarboner l’automobile, de nombreux scientifiques en doutent. Pour l’heure, la production d'hydrogène reste très dépendante des énergies fossiles et l'hydrogène vert pourrait être réservé à des secteurs en ayant absolument besoin pour se décarboner, comme l'acier.



