GlobalFoundries fabriquera la future puce post-quantique d'Idemia Secure Transactions en Allemagne dès 2026

L'entreprise française Idemia Secure Transactions fera fabriquer dès 2026 sa nouvelle puce dans la fonderie allemande de GlobalFoundries. D'une finesse de gravure de 28 nanomètres, elle doit permettre de résister aux nouvelles menaces liées à l'arrivée des ordinateurs quantiques à la fin de la décennie.

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Carte Idemia Secure Transactions
Idemia Secure Transactions va faire fabriquer ses futures puces post-quantiques GlobalFoundries en Allemagne, dès 2026.

C’est une bonne nouvelle dans la bataille que mène l’Union européenne pour retrouver sa souveraineté dans le domaine des semi-conducteurs. Mardi 15 octobre, l’entreprise française Idemia Secure Transactions (IST) a annoncé que le fondeur américain GlobalFoundries allait produire pour elle en Allemagne, dès 2026, une puce qui sera entièrement conçue, développée et fabriquée en Europe. Aucun détail financier ni estimation du volume de production visé n’est communiqué.

D’une finesse de gravure de 28 nanomètres, la puce sera équipée de systèmes d’exploitation développés en interne par IST pour s’adapter aux menaces de l’ère post-quantique. «Elle sera résiliente à des attaques massives qui naitront avec les ordinateurs quantiques qui commencent à se déployer et dont l’avènement technologique sera à l’horizon 2026-2027, indique à L’Usine Nouvelle Philippe Oliva, PDG d’IST (1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et 10000 salariés). Il y a eu beaucoup de défis, comme pour le calcul rapide, le fait d’apporter plus de stockage ou pour le calcul de latence parce que l’algorithmie est beaucoup plus complexe.» En développement depuis 2021, cette nouvelle puce a mobilisé près d’une centaine d’ingénieurs spécialisés dans la cryptographie.

Miser sur la souveraineté européenne

Pour soutenir sa production actuelle, aux alentours de 1,6 milliard de cartes bancaires et SIM chaque année, IST fait fabriquer ses puces en Asie (majoritairement en Chine) et dans une moindre mesure auprès d’acteurs diversifiés comme l’allemand Infineon ou le français STMicroelectronics. Avec la fabrication de sa puce de nouvelle génération en Allemagne, IST souligne «l’importance de sécuriser les technologies stratégiques sur le continent en assurant un approvisionnement indépendant de possibles aléas extérieurs». L’entreprise assure aussi «veiller à ce que les industries critiques puissent compter sur des composants sûrs et durables fabriqués localement».

Mais comment résister face à la compétitivité des produits chinois ? «Ces produits seront probablement un peu plus cher en coût de revient par rapport à un sourcing en Asie, mais c’est le prix de la protection ultime de l’operating system qui est embarqué dans les puces», résume Philippe Oliva, qui indique que le «prix de la souveraineté» représente généralement un surcoût estimé entre 15 et 25% face aux produits asiatiques. «On sera probablement en deçà, mais tout dépendra de notre capacité à dimensionner notre production : plus elle sera chargée et plus elle sera compétitive», estime-t-il. IST vient justement d’inaugurer à Vitré (Ille-et-Vilaine) un nouveau site de production de cartes à puces à destination des secteurs bancaire, télécom et automobile pour plus de 20 millions d'euros.

Après de premiers tests menés avec l’opérateur espagnol Telefonica, la puce d’IST est prête. Reste à finaliser son industrialisation par GlobalFoundries. Cela devrait être le cas courant 2025, avant le lancement de la production prévu au début de l’année 2026.

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