Coentreprise associant Schlumberger, le CEA, Vinci Construction, Vicat et l’agence Arec Occitanie, Genvia a vocation de déployer la technologie brevetée d’électrolyse haute température à oxyde solide du CEA à l’échelle industrielle, pour produire de l'hydrogène décarboné et abordable. En opération depuis mars 2021, Genvia inaugure le 8 juin sa ligne pilote automatisée de production d’électrolyseurs, sur le site de l’usine SLB de Béziers (Hérault).
Co-développée avec Actemium (groupe Vinci), cette ligne installée à l’automne 2022 a aujourd’hui passé la phase de ramp-up, de montée en cadence des process. Conçue pour tester et valider les process avant une mise en œuvre à grande échelle, sa capacité théorique débute à quelques mégawatts par an, puis sera progressivement augmentée jusqu’à une centaine de mégawatts. Genvia la qualifie de point d’appui de transfert de la technologie, d’apprentissage et formation, dont la vocation est de maîtriser la production de masse pour baisser les coûts de l’électrolyseur.
Genvia affirme aussi avoir anticipé des coopérations avec les équipementiers, dont le grenoblois ECM, spécialiste de la fabrication de fours industriels : un accord de coopération stratégique porte sur le co-développement et l’ingénierie des hotbox (boîtes chaudes) de maintien en température du dispositif de production d’hydrogène, et des bancs de conditionnement des stacks de cellules.
Feuille de route
Présidé par Florence Lambert, Genvia emploie aujourd’hui 120 salariés, dont la moitié à Béziers. L’entreprise ajoute qu’à travers les programmes communs avec SLB et le CEA, elle entraîne plus de 200 personnes dans l’aventure. Les perspectives sont de 200 collaborateurs directs en 2025, et autour de 400 avec la création d'une potentielle gigafactory. La décision sur cet investissement doit être prise après 2024, comme initialement prévu avec les actionnaires, indique Genvia.
Quelles sont les prochaines étapes ? Les équipes de design et d’ingénierie Genvia ont développé le premier démonstrateur, qui sera installé et testé fin 2023 sur les sites de Béziers puis de Grenoble (Isère). Un autre démonstrateur en conditions réelles sera installé sur le site lozérien d’ArcelorMittal en 2025. À partir de 2026, Genvia devrait «rentrer dans une phase de croissance industrielle forte tout en se déployant au rythme du marché». Plus de 200 millions d’euros seront investis jusqu’en 2027 dans le projet, dans le cadre du PIIEC Hy2Tech et des aides d’État à la filière hydrogène, déployées par Bpifrance dans le cadre de France 2030.
En appui, l’écosystème Eden
Autour de Genvia, un écosystème biterrois et héraultais s'organise avec le comité de coordination Eden, voué au développement de nouvelles filières industrielles pour la transition énergétique et écologique. Lancé en septembre 2022 par l'État et la région Occitanie, il aborde les questions du foncier, des compétences, de l’innovation.... Son deuxième comité de coordination a souligné, le 24 mai, le besoin de former plus d’ingénieurs et techniciens. Une offre se structure à Béziers, avec l’ouverture à la rentrée 2023 d'un Bac pro Pilote de ligne de production au lycée Jean Moulin et d’une licence pro IA et robotique intelligente à l’IUT. En outre, l’Université de Montpellier souhaite développer des parcours pour l’industrie verte avec son école d’ingénieurs Polytech.



