Aucun scanner médical n’était plus produit en France depuis les années 1990, selon GE Healthcare. Cela correspond à son rachat de la Compagnie Générale de Radiologie (CGR) auprès de Thomson en 1988. Depuis début septembre, des scanners made in France sont livrés à nouveau, suite à la mise en place d’une ligne d’assemblage final sur le gigantesque site du géant américain de la medtech à Buc, dans les Yvelines.
Ce projet, qui a nécessité 1 million d’euros d’investissement et 9 mois de déploiement, devrait permettre la production d’environ 250 scanners par an et conduira à l’embauche d’une dizaine de salariés sur ce site qui en recense déjà plus de 300.
Les scanners de GE Healthcare pour l'Europe étaient auparavant entièrement produits en Chine
«Cette première ligne de scanners en France offrira plus d’agilité à nos clients européens», se félicite Elie Chaillot, président de GE Healthcare International, lors de l’inauguration officielle de cette ligne le 1er octobre. Les produits qui sortiront de l’usine de Buc ne seront plus importés depuis l’usine du groupe américain près de Pékin, en Chine.
Jean-Philippe Bousquel, directeur général Imagerie de GE Healthcare International évoque ainsi des «délais de livraison de 3 à 4 mois depuis la Chine» qui seront réduits «à environ 4 semaines» depuis l’usine française. Au passage, le groupe estime que, pour les clients européens, cette nouvelle chaîne d’approvisionnement devrait réduire de 84% les émissions carbone par rapport à 2022 pour ces scanners de dernière génération, essentiellement à travers une logistique à l’impact nettement réduite.
Assemblage final et configuration des scanners à la charge de l'usine française
Au sein de l’immense espace d’assemblage électromécanique de l’usine, qui abrite en particulier des lignes pour des dispositifs de mammographie, la nouvelle unité semble modeste. Sur une centaine de mètres carrés seulement, plusieurs postes de travail se déploient à côté d’une salle close et plombée pour les tests d’imagerie.
Dans l’usine française, c’est la finalisation de l’assemblage qui se joue. La grande pièce centrale et rotative des scanners demeure produite en Chine, acheminée par rail désormais. Les équipes françaises se chargent de finaliser l’assemblage, en particulier avec les générateurs qui sont, eux, produits à Buc, et de gérer les configurations requises par les clients, l’ajout d’accessoires et les tests fonctionnels.
Chaque nouveau scanner, vendu entre «200 000 euros et 350000 euros l’unité en fonction des options et des configurations» est «prêt en environ 2 jours, 2 jours et demi», détaille Hervé Blanc, directeur de la production des divisions Santé de la Femme et Rayons X de GE Healthcare. Trois techniciens sont actuellement en poste en attendant la montée en cadence, courant 2025, avec une dizaine d’employés dédiés.
90% de la production exportée
A Buc, environ 90% de la production est exportée. Les réseaux logistiques sont ainsi déjà opérationnels en Europe, où les besoins en scanners ne cessent d’augmenter. Riadh Tounsi, directeur général Imagerie médicale de GE Healthcare International estime la «croissance organique du marché européen des scanners entre 3% et 5% par an», même dans de grands marchés déjà bien équipés comme en France et en Allemagne.
Car avec la crise du Covid-19, l’intérêt des scanners dès les services d’urgence a été mis en exergue pour gérer les flux de patients. A l’occasion, le Royaume-Uni aurait, selon le groupe américain, découvert son manque d’équipement en scanners notamment. Hors urgences, l’utilisation est surtout renforcée par les progrès dans le domaine de l’oncologie, que ce soit pour le suivi des évolutions des lésions tumorales ou celui des traitements des cancers par exemple.



