La secrétaire d’État Emmanuelle Wargon, en déplacement à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 30 janvier, a joué l’apaisement. Pour renouer "un début de dialogue constructif" autour de l’avenir de la centrale à charbon de Gardanne-Meyreuil, l’État et la Caisse des dépôts financeront les 120 000 euros d’une étude de faisabilité des propositions de reconversion formulées par la CGT. Le syndicat s’inquiète pour l’avenir de la nouvelle centrale biomasse et s’oppose totalement à la fermeture, annoncée par l’État, de la centrale charbon en 2022. Depuis 2018, la CGT a bloqué le site durant 195 jours.
La direction de GazelEnergie, exploitant du site depuis son rachat à Uniper en juillet dernier par le groupe EPH, avoue son impuissance. "Le nouvel actionnaire s’est toujours dit prêt à investir dans la biomasse qu’il considère comme une activité d’avenir, note un porte-parole. EPH a confirmé que les investissements nécessaires seraient lancés dès que la situation sur le site sera revenue à la normale. C’est malheureusement loin d’être le cas à ce jour." Et de poursuivre : "Pour notre site de Saint-Avold [Moselle], nous avons la volonté de développer un projet de chaudière de production vapeur à partir de combustibles alternatifs. Ce qui a été possible en Lorraine l’est également pour Gardanne, où de nombreux projets permettant d’assurer le maintien de l’activité économique locale sont envisageables, comme la création d’une scierie ou d’une filière de bois B." Le bois B concerne les déchets de panneaux, bois d’ameublement, résidus d’exploitation forestière... La CGT propose une réduction de la capacité de production d’électricité au charbon (de 600 MW à 280 MW) et la captation post-combustion, le stockage et la revalorisation du CO2. Le site deviendrait alors un démonstrateur industriel tête de filière pour la France. Le syndicat apporte deux autres propositions : la mise en place de trois unités de gazéification entre 2022 et 2026 avec cogénération, production de biométhane et d’hydrogène, et la construction d’une plateforme intégrée de gestion, de tri et de valorisation de déchets multiples. Cette idée fait bondir les associations environnementales et la mairie, qui ne veulent pas entendre parler d’un "incinérateur".
Parmi les projets destinés à préparer la transition du territoire, l’État évoque le développement de la filière bois, de l’hydrogène, d’entreprises de la mobilité douce et une meilleure structuration des sources d’approvisionnement de la centrale biomasse.



