Framatome annonce 100 millions d’euros d’investissements au Creusot pour relocaliser la fabrication des internes de cuves

Poussée par le programme de nouveau nucléaire français, Framatome prévoit 100 millions d’euros d’investissements pour son site du Creusot (Saône-et-Loire). Cette enveloppe comprend notamment un nouveau bâtiment pour réaliser les internes de cuves à partir de l’été 2026 et un centre d’usinage et de soudage. Elle s’accompagnera de 70 nouveaux emplois directs sur le site.

Réservé aux abonnés
Framatome
Le site Framatome au Creusot va relocaliser la fabrication des internes de cuves des réacteurs nucléaires.

A l’occasion de la visite d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, sur son site du Creusot le 3 mars, Framatome annonce un investissement de 100 millions d’euros. Objectif : relocaliser la production de composants-clés des réacteurs EPR. «Nous avons décidé d’internaliser la réalisation des internes de cuves que nous faisions fabriquer jusqu’à présent à l’étranger», précise Laurent Gless, directeur du site Framatome au Creusot (Saône-et-Loire). «Nous voulons gagner en souveraineté, en délai, en qualité, mais aussi en flexibilité en ramenant cette activité au Creusot.»

Le site fabriquait déjà les composants carbone et inox des îlots nucléaires pour les générateurs, les pompes ou encore le circuit primaire. Avec les internes de cuves, ensemble d’équipements pour maintenir les éléments combustibles dans la cuve du réacteur, le site du Creusot assurera la chaîne de production d’un bout à l’autre. «Les nouveaux équipements nous amèneront à fabriquer près de 8 000 articles par EPR, à les usiner, les souder, les assembler… depuis le Creusot», détaille le responsable.

Une enveloppe conséquente

L’enveloppe de 100 millions d’euros intègre 11 millions d’euros pour le rachat, effectif, d’un nouveau bâtiment, 20 millions d’euros pour l’acquisition de machines de grande taille telles qu’un centre d’usinage et de soudage, 20 millions d’euros pour l’installation de ces équipements, 10 à 15 millions d’euros pour la formation et la qualification des équipes. Le reste de l’enveloppe portera sur des machines de taille plus réduite. «L’atelier a été acquis en 2022 et nous prévoyons qu’il soit opérationnel au premier semestre2026», précise Laurent Gless. A terme, le directeur du site envisage 300 nouveaux emplois directs et indirects, dont 70 sur le site du Creusot.

Poursuivre le plan de développement

L'investissement de Framatome au Creusot s’inscrit dans un plan de développement plus large mené depuis trois ans pour accompagner le développement de nouveaux réacteurs nucléaires français. «Nous avons déjà engagé 30 millions d’euros et avons réalisé 150 embauches en trois ans», insiste le responsable de site. Entre 2023 et 2024, une fraiseuse portique, une fraiseuse aléseuse, une foreuse, un tour parallèle et des systèmes qualité rejoindront le four de chauffe en cours d’installation afin d’être opérationnel à l’été 2023. Ces équipements visent à répondre aux attentes de l’Etat pour son nucléaire civil avec six EPR2 prévus, mais aussi aux projets nucléaires pour la défense et à la construction de deux réacteurs britanniques dans le cadre de projet Hinkley Point C.

Abonnés
Le baromètre des investissements industriels en France
Nouvelles usines, agrandissement de sites industriels existants, projets liés à la décarbonation… Retrouvez dans notre baromètre exclusif toutes les opérations classées par région, par secteur industriel, par date d’annonce et de livraison.
Je découvreOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.