Fort d'une rentabilité record au premier semestre, Renault relève ses prévisions

Le constructeur français Renault dégage une marge opérationnelle de 7,6% sur les six premiers mois de l’année, avec plus de 2 milliards d’euros de bénéfice. Un record pour l’entreprise, qui opère actuellement une réorganisation complète de ses activités.
Réservé aux abonnés
R5 électrique
Renault table désormais sur une marge opérationnelle entre 7% et 8% en 2023, contre 6% initialement.

«Ce qui a été réalisé peut sembler miraculeux, mais il n'y a pas de miracle dans l'industrie automobile. Et les résultats d'aujourd'hui ne font pas exception à cette règle». Luca de Meo esquisse un léger sourire alors qu’il s’adresse par visioconférence aux analystes financiers ce jeudi 27 juillet. La raison de sa satisfaction ne fait pas l’ombre d’un doute : le groupe Renault enregistre une marge opérationnelle record de 7,6% sur les six premiers mois de l’année 2023. C’est certes moitié moins que Stellantis, par exemple (14,4%), mais c’est trois points de plus par rapport à la même période il y a un an. Surtout, c’est à peine en deçà de l’objectif que s’est fixé le groupe d’ici à 2025 : atteindre les 8% de marge opérationnelle, avant de viser les 10% à horizon 2030. 

Sur l’ensemble du premier semestre, le chiffre d’affaires du groupe grimpe de 27,3% (en comparaison à la même période en 2022), à 26,8 milliards d’euros. Le bénéfice net, part du groupe, s’établit à 2,093 milliards d’euros. «Il est bon de souligner que les résultats du premier semestre de Renault sont les meilleurs de l'histoire», précise le dirigeant. 

Les performances financières sont donc au rendez-vous. «Une dynamique extraordinaire» rendue possible par de «solides fondamentaux» et une «profitabilité structurelle» retrouvée, assure Luca de Meo, arrivé pour rappel il y a un peu plus de trois ans au sein du groupe qui enregistrait sur l’exercice 2020 une perte historique de 8 milliards d’euros, bousculé par la pandémie - et encore récemment par sa sortie de Russie. 

Des prévisions relevées pour 2023

Dans des circonstances financières désormais plus favorables, Renault table sur une marge opérationnelle entre 7% et 8% en 2023, contre 6% initialement. Le groupe au losange a en effet relevé fin juin ses prévisions pour l’année en cours grâce au double effet de ses nouveaux lancements et de ses réductions de coûts (coûts fixes en baisse de 2,5 milliards d’euros sur les deux dernières années ainsi qu’un point mort divisé par deux depuis le premier semestre 2019, selon l’entreprise).

La croissance de Renault est actuellement tirée par la stratégie axée autour de la valeur - et non plus les volumes de ventes. Le groupe a ces derniers mois décidé de miser sur le haut de gamme tout en augmentant le prix moyen de vente de ses nouveaux modèles (SUV Austral, Dacia Jogger hybride, Megan e-Tech…). «La question, c’est de savoir si le prix des Renault n’était pas trop bas par le passé ?», fait mine de s’interroger Luca de Meo devant les journalistes. Dans un communiqué, le constructeur précise que «l’effet mix/prix/enrichissement a plus que compensé l’augmentation des coûts qui s’élève à 1 181 millions d’euros. Cette dernière s’explique principalement par l’impact glissant des hausses de prix des matières premières et de l’énergie et des coûts de logistique et de main d’œuvre».

«Nissan jouera un rôle dans la gouvernance» d’Ampère

Grâce à sa bonne forme financière, Renault a récemment remboursé par anticipation le dernier milliard d’euros d'un prêt garanti par l'Etat (PGE). A la fin du mois de juin, la réserve de liquidité du groupe était de 16,8 milliards d’euros. Cette manne financière est primordiale pour le groupe, engagé dans une course à l’électrification gourmande en investissements.

Mercredi 26 juillet, le constructeur a signé les accords définitifs qui scellent son alliance refondée avec Nissan et Mitsubishi. Le premier a par ailleurs annoncé investir jusqu'à 600 millions d’euros et détenir un siège au conseil d’administration d’Ampère, la nouvelle entité de Renault dédiée à l’électrique et aux logiciels censée voir le jour en novembre 2023. Le second s’est dit intéressé par un investissement, mais rien n’a été confirmé pour l’heure. «Nous sommes ravis car Nissan jouera un rôle dans la gouvernance de l’entreprise. Cet investissement permet de tourner la page de notre passé», a déclaré à la presse Luca de Meo, ajoutant : «On attend de voir du côté de Mitsubishi. Ils ont manifesté leur volonté de se joindre à l’aventure. Il faut faire preuve de patience.»

Le spécialiste américain des puces Qualcomm pourrait par ailleurs également investir dans Ampère. «Ce ne sera pas une participation significative,» a prédit Luca de Meo, assurant qu’il s’agissait davantage d’un «partenariat pour avoir accès à des puces technologiques» conçues main dans la main entre les deux entreprises. «Nous sommes là pour montrer que l’Europe peut jouer son rôle dans l’économie mondiale», a conclu le dirigeant.

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.