Ferraille recyclée, hydrogène, électricité renouvelable... Saint-Gobain PAM pas encore fixé sur ses voies de décarbonation

A Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), l’usine emblématique de Saint-Gobain pour la production de canalisations en fonte ductile vise à réduire ses émissions de CO2 entre 60% et 80% à l’horizon 2030. Plusieurs scénarios sont à l’étude, mais il faudra encore 18 mois à deux ans pour vraiment fixer la feuille de route.

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 Saint-Gobain Pont-à-Mousson
En 8 ans, l'usine de Saint-Gobain PAM à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), dernier haut fourneau de Lorraine, a réussi à réduire ses émissions de CO2 de 16%. En 2030, l'objectif est d'arriver entre 60% à 80% d'abattement.

Le contrat de transition écologique a été signé le 22 novembre 2023, mais rien n’est encore gravé dans le marbre. Avec plus de 400 000 tonnes d’émissions de CO2 par an, le site principal de Saint-Gobain à Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, fait partie des 50 sites prioritaires à décarboner identifiés par le gouvernement. Lieu symbolique – c'est le dernier haut-fourneau de Lorraine en activité – l’usine de 650 salariés, qui produit entre 200 000 et 300 000 tonnes par an de canalisations en fonte ductile et des plaques de voirie célèbres dans tout l’Hexagone, ne dispose pas encore de toutes les clés pour réduire drastiquement son impact environnemental.

Les équipes planchent sur différents scénarios pour abattre de l’ordre de 60% à 80% les émissions du site d’ici à 2030. Atteindre cet objectif tout en conservant la compétitivité de l’outil industriel nécessite la prise en compte de multiples paramètres. Encore «18 mois à deux ans de travaux d’étude» sont ainsi envisagés avant de fixer la feuille de route, selon Jérôme Lionet, directeur général de Saint-Gobain PAM, qui évoque aussi «plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements» nécessaires.

Différents scénarios à l'étude

«Nous sommes encore dans une phase de tests technologiques et de différentes études au niveau des achats et de l’ingénierie, et nous n’avons pas encore les résultats de tous les projets et sous-projets», explique Jérôme Lionet. La principale problématique du site se concentre sur l’utilisation de minerai de fer pour produire la fonte. Ce minerai est «toujours oxydé, donc contenant de l’oxygène, et une partie du CO2 émis résulte d’une réaction chimique entre le carbone du coke et l’oxygène du minerai de fer», souligne encore Jérôme Lionet.

Parmi les pistes étudiées pour décarboner le procédé, le dirigeant cite notamment le recours à l’hydrogène, ou l’utilisation de ferraille recyclée plutôt que le minerai de fer et l’électrification des procédés. Mais chaque scénario comporte son lot de défis techniques et économiques, comme le prix, la disponibilité et l’accès en hydrogène bas carbone ou en en électricité renouvelable, ou encore le problème de qualité de la ferraille à recycler, qui peut contenir des éléments indésirables et pas forcément détectables – présence de cuivre par exemple – et qui peut engendrer des variabilités sur la qualité de la fonte en sortie.

Saint-Gobain PAM a déjà réduit ses émissions de 16% de CO2 en huit ans

Qu’importe le scénario, l’électrification, pour les apports énergétiques et/ou le fonctionnement des procédés, fera très vraisemblablement partie des solutions pour décarboner le site de Saint-Gobain PAM. C’est d’ailleurs cet axe qui a déjà permis d’améliorer l’empreinte environnementale de l’usine avec l’implantation d’un premier four électrique en 2022, un projet de l’ordre de 15 millions d’euros. Décrit par Jérôme Lionet comme «le plus grand four électrique en Europe pour la production de fonte», ce projet a déjà contribué à réduire les émissions de CO2. Au total, en ajoutant aussi des investissements de modernisation des installations et des mesures d’efficacité énergétique, l’usine lorraine a réduit déjà de 16% ses émissions de CO2 depuis 8 ans.

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