Outre-Atlantique, la menace des droits de douane sur les importations pharmaceutiques semble continuer de porter ses fruits. Dernier laboratoire à avoir choisi d’anticiper la nouvelle réglementation voulue par l’administration Trump : AstraZeneca.
Le géant suédo-britannique a révélé son intention d’injecter 50 milliards de dollars aux États-Unis d’ici 2030, réalisant ainsi son plus gros investissement dans la production à ce jour. Une initiative qui devrait entrainer la création de « dizaines de milliers » de nouveaux emplois sur le sol américain, et permettre à AstraZeneca de se rapprocher de son objectif ambitieux d’atteindre 80 Mrds $ de chiffre d’affaires d’ici 2030, dont la moitié issue de ses ventes américaines.
Un nouveau site de production multifonctions
Pour atteindre ce but, le laboratoire a déjà prévu de dédier une partie des fonds débloqués à la construction d’une nouvelle usine en Virginie. Le site, ultra-polyvalent assurera la production de nombreux médicaments issus du portefeuille d’AstraZeneca.
Il permettra notamment au laboratoire de fabriquer son baxdrostat, un inhibiteur qui vient d’obtenir des résultats positifs de phase III contre l’hypertension, mais aussi ses médicaments, tels que le GLP-1 oral ou le PCSK9 oral, développés contre les maladies métaboliques. Globalement, l’usine, qui devrait être opérationnelle dans plusieurs années, sera en mesure de produire des petites molécules, des peptides et des oligonucléotides.

Par ailleurs, AstraZeneca entend allouer une partie de sa gigantesque enveloppe à l’extension de ses sites de production de Mount Vernon (Indiana) et de Coppell (Texas), ainsi qu’à celle de son centre de R&D de Gaithersburg (Maryland). Autant de projets qui doivent permettre au laboratoire de se prémunir contre la politique fiscale souhaitée par Donald Trump.
Une réponse à la menace des droits de douane
« Nous sommes fiers qu'AstraZeneca ait pris la décision d'implanter une production pharmaceutique substantielle sur notre territoire », s’est félicité Howard Lutnick, secrétaire d’État américain au commerce. Si les médicaments étaient initialement exclus des droits de douane, le président américain a depuis envisagé de les surtaxer à hauteur de 200 %.
De quoi pousser AstraZeneca à revoir le montant de ses investissements aux États-Unis, annoncés comme étant de 3,5 Mrds $ en novembre 2024. AstraZeneca rejoint ainsi la liste des entreprises pharmaceutiques ayant dévoilé des investissements colossaux aux États-Unis ces derniers mois, parmi lesquels Lilly, Sanofi, Novartis, J&J ou encore Roche.



