Au début de la crise, Danone s’était démarqué en sécurisant les contrats de travail de ses 100 000 salariés à travers le monde. La baisse des ventes force finalement le groupe français à réaliser des économies. Annoncé le 23 novembre dernier, le plan de restructuration du géant laitier a été précisé ce 1er avril 2021. Au total, c'est 1850 postes qui seront donc supprimés dans le monde dont 458 en France. Cette annonce s’inscrit dans un plan stratégique tourné vers une organisation plus locale des entités de la multinationale.
Un milliard d’euros d’économies avant 2023
Les réductions de coûts vont principalement concerner les fonctions administratives de Danone. L’entreprise vise 1 milliard d’euros d’économies d’ici à 2023 : 700 millions d’euros à travers la baisse des frais généraux et d’administration, 300 millions d’euros à travers la baisse de coût des produits vendus. Le groupe ne précise pas encore l’impact de ces mesures pour ses usines mais évoque “de nouvelles sources de productivités industrielles”. "Si les actionnaires avaient renoncé à une partie de leurs dividendes, ce plan n’existerait pas et aucun poste ne serait supprimé", réagit le syndicat FO dans un communiqué. En avril, 1,5 milliard d’euros de dividendes, en augmentation de 8,2%, ont été versés aux actionnaires.
Les 1850 suppressions de postes mentionnées concernent les sièges mondiaux et locaux de Danone. Les effectifs des sièges mondiaux pourraient ainsi diminuer jusqu’à 25 %. De façon plus symbolique, l’entreprise étudie le rapprochement de son quartier général parisien avec le siège de Danone France à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Un plan pour “redonner le pouvoir aux pays”
Ces départs accompagnent la réorganisation du groupe annoncée en octobre. Un plan baptisé “Local First”, alors que la pandémie de Covid-19 soulève la question de la relocalisation dans de nombreux secteurs. Pour retrouver la croissance, Danone va abandonner son organisation caractéristique par métier pour se structurer par zones géographiques.
“Nos entités dans les pays ne seront plus inféodées à une organisation mondiale par catégorie, mais réunies en une seule business unit locale”, explique le PDG Emmanuel Faber dans un communiqué. “En redonnant le pouvoir aux pays, nous regagnerons en agilité, en raccourcissant les chaînes de décisions sur nos processus de routine : en installant deux instances sur les investissements là où il y en a cinq aujourd’hui, deux instances pour la gestion d’une marque comme Activia au lieu de quatre aujourd’hui"
Le groupe Danone va donc se structurer autour de cinq zones géographiques : Europe, Asie-Afrique-Moyen-Orient, Chine-Océanie, Turquie-Communauté des États indépendants et enfin Amérique Latine. "Au lieu de 61 “business units pays” réparties sur trois divisions, le groupe réorganisé n’en comptera plus que 22, soit une entité, un portefeuille et un P&L [compte de pertes et profits, ndlr] par pays" précise Véronique Penchienati Bosetta, directrice générale Danone Internationale.
"Beaucoup de surcoûts et d'inefficacités", selon Emmanuel Faber
"Nous avons fait face à beaucoup de surcoûts et d'inefficacités parce qu'il est évident qu'il est beaucoup plus cher d'opérer dans le monde du Covid si nous voulons servir nos clients et assurer la résilience de notre chaîne d'approvisionnement", a expliqué Emmanuel Faber lors d’une conférence en ligne destinée aux investisseurs. “Nous voyons et ressentons déjà les premiers signaux d'une baisse du taux de natalité, en anticipation de plus faibles revenus dans les mois à venir par des millions de ménages à travers le monde", a-t-il ajouté.
Avec ce plan, Danone souhaite retrouver une croissance rentable dès le deuxième semestre 2021. "Notre objectif est de revenir à un niveau de marge opérationnelle supérieure à 15% en 2022", a ajouté Juergen Esser, le nouveau directeur financier du groupe lors de sa première intervention dans son nouveau rôle.
Numéro deux mondial dans les eaux minérales naturelles, le groupe a souffert de la fermeture des hôtels et des restaurants qui ont plombé ses ventes hors domicile. Le ralentissement annoncé des naissances assombrit également les perspectives du groupe dans la nutrition infantile. L’entreprise espère toutefois capitaliser sur le renforcement du lien entre santé et alimentation après la crise sanitaire.



