Sans grande surprise, Arkema a connu une année 2023 plus délicate après ses résultats records enregistrés en 2022. Face à une demande européenne mais aussi mondiale plus faible, en particulier dans des marchés finaux comme la construction, l’industrie ou les biens de consommation, le chimiste français a enregistré une baisse de 17,6% de son chiffre d’affaires, lequel s’est établi à 9,51 milliards d’euros. Tous les autres indicateurs sont aussi en baisse, comme l’Ebitda en recul de 29%, à 1,5 milliard d’euros. Soulignant un «contexte économique plutôt complexe», Thierry Le Hénaff, le PDG, y voit toutefois «des résultats solides» conformes aux objectifs, insistant notamment sur le fait que l’Ebitda avait bénéficié en 2022 «d’une contribution exceptionnelle de 400 millions d’euros des activités de polyfluorure de vinylidène (PVDF) et de l’amont acrylique». Arkema se projette davantage sur l’exercice 2024 en cours, comptant sur un regain à partir du printemps prochain.
Ce rebond, le groupe l’envisage d’abord sur un plan macroéconomique. Thierry Le Hénaff évoque «des stocks assez bas dans les chaînes» en aval, comme par exemple dans l’électronique. Il mise aussi sur un rebond de l’économie américaine et ultérieurement de celle en Europe. Pour autant, Arkema va engager entre 60 et 70 millions d’euros d’apports pour redynamiser sa rentabilité dès le printemps. Ces fonds doivent permettre au groupe de patienter d'ici la mise en service de nouvelles capacités industrielles.
Côté acquisitions, Arkema compte surtout sur les effets de la prise de contrôle du sud-coréen PI Advanced Materials (PIAM). Cette opération de plus de 700 millions d’euros pour l’acquisition de 54% du capital de PIAM a été finalisée en décembre 2023. Cet acteur basé en Corée du Sud avec deux grandes usines en service est le numéro 1 mondial des films en polyimide, un polymère de très haute performance, résistant jusqu’à 400 degrés, en plein développement dans le domaine de l’électronique, un des marchés prioritaires d’Arkema. PIAM devrait bénéficier d’une croissance de 13% par an ces prochaines années, selon le chimiste français, avec un regain des ventes attendues en Asie et des expansions de marchés en Europe et Amérique du Nord.
Plusieurs grands démarrages d'usines en 2024 pour Arkema
Côté croissance organique, le groupe a démarré l’an passé des projets industriels d’envergure, en particulier avec des extensions de capacités pour son PVDF, polymère de très haute performance utilisé dans les batteries et les semi-conducteurs, sur son complexe chinois de Changshu ainsi que sur son site de Pierre-Bénite (Rhône). Ces prochains mois, Arkema finalisera aussi les démarrages de plusieurs projets comme une extension des productions d’élastomères à Serquigny (Eure), un grand projet dans l’acide fluorhydrique aux Etats-Unis, ainsi que son plus vaste projet industriel, à Singapour, pour du polyamide 11 biosourcé.



