Magasins fermés mais usines ouvertes ? Dans certains secteurs, la chute des ventes risque de provoquer mécaniquement le ralentissement voire l’arrêt des lignes de production. Mercredi 28 octobre, plusieurs syndicats ont demandé à ce que les concessions automobiles restent ouvertes pendant le reconfinement pour garantir l’activité des constructeurs. Selon des informations de L’Usine Nouvelle, l’État autorisera un système de “click and collect” dans ces commerces pour limiter l’impact économique.
“Nous ne fabriquons que les voitures commandées”
“L'activité industrielle n'existe que par le mécanisme de vente de nos véhicules”, avaient averti dans un communiqué commun les syndicats FO, CFE-CGC et CFTC de PSA. “Cette donnée est majeure et doit être clairement prise en compte pour ne pas assister à un effondrement complet du secteur automobile, déjà fortement impacté par le premier confinement”, complétaient-ils.
Au mois de mars, la fermeture des concessions avait provoqué une chute de 72 % des immatriculations de voitures neuves en France. En quelques jours, les géants du secteur avaient tous décidé de fermer leurs usines. Avec le reconfinement annoncé par le président Emmanuel Macron, les salariés imaginent difficilement une activité durable sans maintenir les concessions ouvertes.

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“Nous ne fabriquons que les voitures commandées. Après une journée de production, cela vient gonfler les stocks. Mais après c’est l’arrêt des usines”, redoute Dominique Lefebvre, délégué syndical FO de PSA, contacté par L’Usine Nouvelle. “Ce n’est pas un problème que pour PSA. Derrière c’est toute la filière automobile de sous-traitants qui va avoir des difficultés et certains sont déjà très affaiblis”, renchérit Dominique Lefebvre. Le gouvernement a bien conscience du problème. “Les concessions ne peuvent pas stocker les voitures. Toute la chaîne de production en dépend”, reconnaît une source au ministère de l’Économie.
Le retrait du véhicule en concession autorisé
Pour limiter la diminution des ventes, le gouvernement va donc approuver un système de “click and collect”. Une réunion interministérielle était programmée jeudi 29 octobre pour arbitrer sur cette solution. “Nous poussons pour de la souplesse pour que les clients puissent a minima retirer leur véhicule en concession”, indique à L'Usine Nouvelle une source au ministère. Ce système de click and collect va être autorisé pour tous les commerces.
Contacté par L’Usine Nouvelle, Renault n’a pas souhaité commenter ces informations. “Nous attendons la conférence de presse du Premier Ministre ce soir [jeudi 29 octobre] pour connaître les détails d’application du gouvernement”, indique simplement le constructeur automobile dans un courriel.
De son côté, le groupe PSA a confirmé qu'il échangeait avec le gouvernement sur le principe de "click and collect". "Ceci est cohérent avec la décision du gouvernement autorisant le commerce en ligne qui fonctionne sur le même principe. De plus, le protocole sanitaire mis en place par le groupe PSA, y compris dans son réseau commercial, est une garantie de sécurité pour les clients et les personnels lors de la livraison qui peut se faire sur rendez-vous individuel, dans des lieux où la distanciation sociale est assurée", argumente le leader du marché automobile français.
Dans le secteur automobile, de nombreux constructeurs travaillent déjà sur des systèmes de vente simplifiés pour s’affranchir des concessionnaires. Tesla en a fait l’une de ses principales forces. PSA s'intéresse aussi à la vente en ligne pour séduire un public plus jeune, comme avec sa nouvelle voiturette électrique Citroën Ami.
"Nous sommes en phase de digitalisation. PSA travaille sur un système de vente en ligne pour les voitures vendues aux collaborateurs. L’outil est en cours de débogage. Nous pourrions sans doute l’étendre au grand public, suggère également Dominique Lefebvre. Reste le problème de l’essai de la voiture, mais c’est une partie de la solution."
Anne-Sophie Bellaiche et Simon Chodorge



