Personne n’envisage encore de faire naviguer les porteconteneurs, sans équipage. «Ce n’est pas une piste suivie pour ce type de navire et ces longues routes maritimes, indique un porte-parole du groupe français CMA CGM. On travaille sur une partie d’automatisation, mais pas sur l’autonomie. Il est inimaginable de voir la machinerie fonctionner de manière autonome.»
Le constat est le même dans une autre entreprise française, Bourbon, spécialisée dans les navires de services, notamment pour les plateformes offshore. Les réflexions menées il y a des années sont restées lettres mortes face à l’absence de marché... Une vingtaine d’acteurs travaillent tout de même sur le sujet en France selon le Groupement des industries de construction et activités navales (Gican), avec une offre civile et militaire encore expérimentale. «Pour les gros navires, l’autonomie n’est pas la priorité», juge Timothée Moulinier, le délégué R&D au Gican. «Aujourd’hui, les marins à bord travaillent surtout sur les moteurs et les équipements. Il faudrait une fiabilité telle qu’elle ne nécessiterait pas d’intervention humaine pendant trois ou quatre semaines.» Dans un avenir proche, l’autonomie pourrait s’imposer dans la navigation d’eau douce. «Le fluvial innove beaucoup, explique Juliette Duszynski, la cheffe du service développement de la voie d’eau chez Voies navigables de France (VNF). Mais la crise des vocations nous oblige à trouver des solutions.»
Trois liaisons déjà validées
Trois projets de démonstrateurs de bateaux autonomes avaient remporté l’appel à projets des jeux Olympiques de Paris en 2024. Deux navettes doivent traverser la Seine avec des passagers. Il s’agit de Roboat pour relier l’île Saint-Denis à Épinaysur-Seine, en Seine-Saint-Denis, et Hyke Rivercat pour la liaison entre Joinville-le-Pont (Val-deMarne) et Juvisy-sur-Orge (Essonne). La troisième, BlueNav, traversera le bassin d’Arcachon (Gironde). Pour l’expérimentation menée cet été, une personne sera à bord pour se conformer à la réglementation. L’étape suivante concernera le fret.
En fin d’année, VNF va lancer un projet sur les fleuves et canaux à petit gabarit, aujourd’hui délaissés pour le transport de marchandises. Avec une vingtaine de partenaires, VNF participe aussi au projet Seamless (d’une durée de quatre ans) pour développer le transport maritime de courte distance, le transport fluvial autonome en Europe et élaborer le cadre réglementaire. En attendant, Fionn Halleman, le chef de projets VNF pour les bateaux autonomes rappelle que «la télé-conduite [opérée à distance, ndlr] est beaucoup plus mature et fonctionne déjà sur le Rhin».

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