Éthylène : Ineos réunit 3,5 Mrds € pour financer le craqueur européen le plus écologique à Anvers

Ineos vient de lever 3,5 Mrds € de fonds pour soutenir le développement et l’exploitation d’un craqueur d’éthane sur le port d’Anvers en Belgique dans le cadre de Project One. Selon la société, le craqueur devrait bénéficier de l’empreinte carbone la plus faible parmi tous ceux existants en Europe.

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Ineos Project One Anvers
Ineos vient de lever 3,5 Mrds € de fonds pour soutenir le développement et l’exploitation d’un craqueur d’éthane sur le port d’Anvers en Belgique dans le cadre de Project One.

Le pétrochimiste britannique Ineos vient de lever 3,5 milliards d’euros de fonds auprès de 21 banques, pour soutenir Project One, un projet de développement de grande envergure annoncé par la société en 2019. Mené par sa division belge, il vise le développement et l’exploitation d’un craqueur d’éthane, actuellement en cours de construction, sur le site de Lillo (port d’Anvers, Belgique), qui produira 1,45 million de tonnes d’éthylène par an.

Selon Ineos, il s’agit de l’un des investissements les plus importants de ces vingt dernières années dans le secteur chimique européen. « Nous sommes ravis de franchir cette étape et d'obtenir ce financement. La réunion d'un si grand nombre de banques commerciales soucieuses de l'environnement et de quatre agences gouvernementales démontre l'importance considérable de ce projet », s’est enthousiasmé James Meers, le directeur financier de Project One d’Ineos.

La dette sera soutirée par étapes afin de couvrir les dépenses du projet jusqu’à son achèvement prévu à la mi-2026. Elle comprend notamment 1,5 Mrd € de titres de créance, 1,2 Mrd € de facilités couvertes par les agences de crédit à l’exportation Ukef, Cesce et Sace, et une tranche couverte de 800 M€ dont 500 M€ sont garantis par Gigarant, une entité du gouvernement flamand qui fournit des garanties de prêt.

Réduction de l’empreinte carbone du procédé

Grâce à une construction de l’usine pensée de manière flexible, Ineos affirme que le craqueur bénéficiera, à terme, de l’empreinte carbone la plus faible parmi tous les craqueurs européens existants à ce jour. Trois fois inférieure à celle d’un vapocraqueur classique, elle représentera moins de la moitié de celle de 10 % des vapocraqueurs les plus performants.

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Qui plus est, il sera technologiquement possible d’alimenter entièrement les fours de craquage et les chaudières à vapeur du site en hydrogène (H2). Ce dernier proviendra du craquage de l’éthane en éthylène, dont il est un sous-produit, dans l’installation, à hauteur de 100 000 t/an. Il remplacera ainsi, en qualité de carburant décarboné – sa combustion ne dégageant pas de dioxyde de carbone (CO2) –, les carburants traditionnellement utilisés à base d’hydrocarbures (principalement, du gaz et du charbon), participant considérablement à réduire l’empreinte carbone du site, jusqu’à atteindre la neutralité carbone du craqueur (à condition que suffisamment d’H2 soit disponible).

En outre, Ineos prévoit un espace pour une installation de captage du CO2 et pour de futurs fours électriques de craquage, de sorte que ces options puissent également être exploitées à l’avenir. De plus, la consommation d’électricité du site sera couverte par des énergies renouvelables. En effet, Ineos a conclu trois contrats d’achat d’énergie éolienne avec le néerlandais Eneco, le français Engie et l’allemand RWE. Cette part d’achat représentera 205 MW d’énergie éolienne offshore, ce qui permettra de réduire les émissions de CO2 de près de 3 Mt/an. L’approvisionnement d’Ineos en éthane via ses navires « ultramodernes » contribuera également à réduire l’empreinte carbone.

À noter que les entreprises qui s’approvisionneront en éthylène issu du craqueur de Project One verront leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2) réduites de 2 Mt/an. « C’est un moment extrêmement important pour Ineos. Notre craqueur d’éthane établira de nouvelles normes environnementales pour l’Europe et contribuera à revitaliser l’ensemble de l’industrie chimique européenne », a confirmé Jason Meers.

Ineos comme moteur du dynamisme pour la plateforme d’Anvers

Project One vient redynamiser la position concurrentielle du cluster pétrochimique d’Anvers en matière de craquage, les investissements de cette ampleur étant allés exclusivement vers d’autres régions, notamment la Chine, au cours de ces vingt dernières années. Ineos rompt ainsi cette tendance, en attirant des investissements supplémentaires et en créant 300 emplois permanents dans la zone portuaire. « Le Project One change la donne pour l’Europe. Il offrira de nouvelles possibilités au pôle chimique d’Anvers et renforcera la résilience de l’ensemble du secteur chimique européen », a commenté James Meers.

Et l’implantation d’Ineos dans le port d’Anvers ne date pas d’hier. Elle a débuté il y a 25 ans, en 1998, à Zwijndrecht. Depuis lors, Ineos n’a eu de cesse de développer ses activités dans cette zone industrielle, stratégiquement localisée en raison de son accès en eau profonde et ses connexions aux grands réseaux d’oléoducs du nord–ouest de l’Europe. L’entreprise compte aujourd’hui huit sites de production distincts à Anvers et à proximité, ainsi qu’un site de R&D à Neder-over-Heembeek (région de Bruxelles). Elle emploie 3 050 salariés sur place.

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