ESMO 2024 : Trois bonnes nouvelles sur le cancer du sein

L’ESMO 2024, rendez-vous européen annuel en oncologie, a été le théâtre de nombreuses annonces encourageantes pour le traitement du cancer, et en particulier du cancer du sein. Plusieurs géants pharmaceutiques ont présenté le fruit de leurs recherches sur la maladie, à l’image de Novartis qui vient d’obtenir une nouvelle indication de la FDA pour son médicament Kisqali.

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ESMO 2024
Le congrès ESMO s'est tenu du 13 au 17 septembre à Barcelone.

D’après les dernières données de l’OMS, le cancer du sein demeure la principale cause de décès par cancer chez les femmes, avec 2,3 millions de nouveaux cas recensés en 2022 et 670 000 décès dans le monde. À quelques jours d’Octobre rose, la campagne annuelle mondiale de sensibilisation sur le cancer du sein, plusieurs avancées prometteuses insufflent un vent d’espoir pour les patientes. À l’occasion de l’ESMO, le congrès européen annuel de cancérologie, qui s’est tenu du 13 au 17 septembre à Barcelone, plusieurs laboratoires ont en effet annoncé des résultats positifs dans le traitement de ce cancer, à différents stades.

À commencer par Novartis qui a profité de l’évènement pour dévoiler les données positives de son étude de phase III NATALEE, à partir desquelles la FDA a approuvé, mardi, une nouvelle indication pour son médicament Kisqali (ribociclib). Déjà autorisé dans près d’une centaine de pays comme traitement du cancer du sein métastatique, l’inhibiteur pourra désormais également être prescrit aux patientes américaines atteintes de formes précoces. D’après les résultats de l’étude, son association à une hormonothérapie classique a ainsi permis de réduire le risque de récidive de la maladie ou de décès de 28,5  % par rapport à la thérapie utilisée seule.

« Cette indication élargie de Kisqali double presque la taille de la population de patientes éligibles au traitement », chiffre ainsi le laboratoire suisse. Le médicament de Novartis, dont les ventes ont atteint 2,1 milliards de dollars en 2023, entre désormais en confrontation directe avec Vernezio de Lilly, également indiqué dans le traitement du cancer du sein à un stade précoce. Le laboratoire suisse a fait savoir que « des examens réglementaires pour Kisqali, en tant que traitement du cancer du sein précoce, sont en cours dans le monde entier, y compris dans l'UE et en Chine ». 

Dans le traitement des formes précoces du cancer du sein, Merck a également présenté des données positives en faveur du Keytruda. Le médicament dispose désormais de données de survie globale pour appuyer son efficacité en tant que thérapie périopératoire dans le cancer du sein précoce triple négatif. L'association Keytruda et chimiothérapie, avant et après chirurgie, a en effet réduit le risque de décès de 34 % par rapport à la chimiothérapie seule. Un succès pour l’inhibiteur PD-1 de Merck, là où celui de Roche, Tecentriq, avait essuyé un échec. En 2023, le laboratoire suisse avait été contraint d’interrompre son essai de phase III après avoir obtenu des données suggérant que le risque de récidive ou de décès était encore plus élevé pour les patientes traitées par la combinaison Tecentriq-chimiothérapie, par rapport à la chimiothérapie seule.

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L'Enhertu se distingue encore

D’autres laboratoires ont mis en avant des résultats positifs, cette fois pour les formes avancées de cancer du sein, à l’instar de Daiichi Sankyo et AstraZeneca. Les deux géants ont communiqué de nouvelles données de leur étude de phase III DESTINY-Breast12 en faveur de l’utilisation de leur blockbuster Enhertu, dans le traitement du cancer du sein avec métastases cérébrales. Le conjugué anticorps-médicament a permis d’enregistrer une activité sur le système nerveux central, en plus de son activité globale, ce qui représente une avancée conséquente face au peu d’options thérapeutiques disponibles.

Star de l’ASCO 2022 pour ses résultats obtenus sur le cancer du sein métastatique, le médicament est déjà approuvé contre plusieurs types de cancer du sein. Ces nouvelles données ne permettront pas à Enhertu d’obtenir une nouvelle approbation, dont il dispose déjà sur les formes métastatiques,  mais enrichiront les connaissances encore limitées sur ce type de cancer agressif. « Jusqu'à 50 % des patientes atteints d'un cancer du sein métastatique voient leur maladie se propager au cerveau au fil du temps », a souligné Nancy Lin, chercheuse principale de l’essai.

Autant d’annonces qui devraient encore réduire le taux de mortalité lié au cancer du sein, qui a chuté de 40 % ces quarante dernières années. L’OMS ambitionne d’abaisser de 2,5 % par an ce taux de mortalité, et d’éviter ainsi 2,5 millions de décès dans le monde, d’ici à 2040.

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