C’est un contrat crucial pour la Vallée de la Maurienne, en Savoie, et la souveraineté industrielle française. En signant avec EDF un engagement pour l’approvisionnement de 22 TWh sur 10 ans à un prix plus bas que sur les marchés, l’aluminerie Trimet France se dote d’une perspective à long-terme. Une nouvelle annoncée par Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie, et Luc Rémont, PDG du groupe EDF, qui se rendent sur place ce lundi 26 juin.
Berceau de l’aluminium en France, l’usine de Saint-Jean-de-Maurienne, qui en produit 150 000 tonnes par an, emploie 600 personnes et contribue à près de 2 000 emplois indirects dans la région. Le coût de l’électricité est un enjeu déterminant pour cette industrie très énergivore (près de 13 mégawattheures par tonne produite). D’où la nécessité de sécuriser son approvisionnement à des prix avantageux, pour l’un des plus grands consommateurs d’électricité en France, afin de garantir sa pérennité.
Ce contrat “atypique”, d’après des proches du dossier, a été permis grâce à l’intervention de l’État, en tant qu’actionnaire d’EDF et régulateur, mais aussi aux liens qui unissent EDF et Trimet France. L’énergéticien détient en effet 35% de l’entreprise depuis 2013.
À l’époque, le groupe anglo-australien Rio Tinto, son propriétaire, menaçait de fermer le site. Son sauvetage, sous la houlette d’Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, s’est opéré grâce au rachat à 60% par le groupe familial allemand Trimet et donc EDF, en échange de courant à bas prix pour les dix prochaines années, jusqu’à… 2023. “Ce renouvellement repose sur cet équilibre capitalistique : il n’y a pas d’asymétrie d’informations entre l’actionnaire et son propriétaire. EDF est intéressé au résultat en se rémunérant sur la marge du producteur”, explique-t-on au ministère de l’Industrie.



