Les tests de diagnostic du coronavirus sont une des clés de contrôle de l’épidémie, permettant une prise en charge plus rapide des patients, surtout pour les formes sévères, pour les isoler et prévenir toute propagation plus étendue. Au 24 mars 2020, selon la Direction générale de la Santé (DGS), 60 000 personnes ont été testées depuis de début de l’épidémie de Covid-19 en France, et plus de 5 000 tests sont pratiqués quotidiennement.
Le pays part de loin. Les données de Santé Publique France indiquent qu’au 24 février, le nombre de tests réalisé était de 0. La barre des 1 000 tests par jour n’a été franchie que le 3 mars, celle des 2 000 le 9 mars, celle des 4 000 le 13 mars. Au démarrage de l’épidémie, notamment avec les tous premiers cas de Covid-19 identifiés, la doctrine était de tester massivement les gens ayant été en contact avec les malades, ce qui a permis d’identifier clairement les premiers foyers épidémiques, comme dans l’Oise et à Mulhouse.
Doctrine syndromique
Depuis, la doctrine favorisée par la DGS est celle dite syndromique : elle part du principe de réserver le recours aux tests uniquement pour les patients affichant déjà des signes de formes sévères de la maladie. Ce qui permet d’aller plus vite pour la prise en charge de cas suspects graves et d'isoler le plus possible les cas suspects les plus bénins. Cela permet aussi d’éviter les temps de confirmation des résultats des prélèvements, lesquels sont délivrés aujourd’hui par les laboratoires biologiques de référence en France, au nombre de 50 sur le territoire et bien sûr par l’Institut Pasteur, le centre national de référence. Toutefois, la DGS a complété ce dispositif avec aujourd’hui plus de 70 autres laboratoires biologiques en France en capacité d’infirmer ou de confirmer un diagnostic.
Dépistage massif en Corée du Sud...
Cette doctrine syndromique n’est pas la seule adoptée au monde. La Corée du Sud, qui a été l’un des premiers pays en dehors de Chine à affronter le SARS-Cov-2, a d’emblée opté pour une conduction massive de tests, associée à une traçabilité du parcours des premiers cas identifiés via une analyse des données de leur téléphone portable. Selon le New York Times, la Corée du Sud a ainsi mené plus de 300 000 tests de dépistage depuis le début de l’épidémie, un chiffre 5 fois supérieur à celui de la France pour une population inférieure (un peu plus de 50 millions d’habitants).
...et surtout en Allemagne
L’Allemagne a également axé sa politique de lutte contre le Covid-19 à travers les tests. Selon les chiffres cités par le Financial Times d’après des données obtenues auprès du Robert Koch-Institut, le centre scientifique national allemand de biomédecine, l’Allemagne conduirait environ 160 000 tests de dépistage du Covid-19 par semaine ! Soit un chiffre quotidien plus de cinq fois supérieur au nombre de tests menés en France, et aussi supérieur aux données sud-coréennes.
Données édifiantes
Or certaines données sont édifiantes. Selon le bilan international au 24 mars, le taux de mortalité de la maladie dépasse légèrement les 4% des cas recensés. C’est aujourd’hui le niveau relevé en France, quand l’Espagne frôle les 7%, et l’Italie les 10%. En Corée du Sud, il n’est que de 1,3%, en Allemagne il se limite à 0,4%. Les tests ne peuvent pas expliquer, seuls, les différences épidémiologiques dans la lutte contre le Covid-19. Il y a aussi toutes les variables liées à la population et aux moyens de prises en charge. Seulement les tests ont sans aucun doute une véritable incidence sur la propagation. En quelques semaines, le nombre de cas en Corée du Sud, qui est resté longtemps le deuxième pays le plus touché par le Covid-19, n’a évolué que faiblement à la hausse (un peu plus de 9 000 cas au 24 mars). Surtout, ce nombre a été nettement dépassé par l’Italie (plus de 60 000), les Etats-Unis (plus de 46 000), l’Espagne (presque 40 000), l’Iran (près de 25 000), la France (plus de 20 000) et la Suisse (plus de 9000). L’Allemagne aussi est passée devant, mais avec seulement un peu plus de 30 000 cas.



