Doper les supercalculateurs aux technologies quantiques. Voilà l’objectif du partenariat annoncé le 4 novembre entre Atos et Pasqal, pépite issue de l’Institut d’optique de Palaiseau (Essonne). Au cœur de cette collaboration, un accélérateur quantique : une machine hybride, mêlant calcul haute performance (HPC) et calcul quantique.
Mis à la disposition de laboratoires de recherche et d’entreprises, ce supercalculateur hybride fait office de plate-forme d’essai. L’objectif : faire émerger les usages du calcul quantique. "Il manquait jusque-là des utilisateurs pour guider les machines quantiques vers des applications concrètes et exploiter au mieux leurs particularités", explique Cyril Allouche, le directeur du programme R & D Quantum chez Atos. Il espère atteindre ainsi "l’avantage quantique", la résolution de problèmes mathématiques insolubles par des calculateurs conventionnels.
C’est sur ce point que l’Entreprise de services du numérique (ESN) mène ses recherches depuis 2016, convaincue que l’avenir du calcul quantique passera par son hybridation avec le HPC. "Atos se concentre sur le middleware : le système qui fait le pont entre le supercalculateur et le calculateur quantique, rappelle Cyril Allouche. Nous développons un algorithme de compilation permettant d’exploiter au mieux le hardware [le système physique] pour un problème donné." Atos s’entoure dans sa quête de plusieurs start-up, dont le finlandais IQM et l’autrichien AQT, qui exploitent respectivement les approches de qubits supraconducteurs et d’ions piégés.
La technologie de Pasqal, qui a permis de construire une machine de 100 qubits, est dite "des atomes froids". Elle refroidit à l’extrême des atomes de rubidium pour les manipuler avec des lasers. Chaque atome devenant un qubit. "Une prouesse expérimentale", selon le directeur de la R & D. Qui bénéficiera, elle aussi,des expérimentations menées par Atos.



