En Provence, le japonais Sumika Polymer Compounds crée une unité de recyclage de plastiques automobiles

Productrice de granulés à base de polypropylène pour l’automobile, l’industrie et l’électroménager, l’entreprise Sumika Polymer Compounds investit 15 millions d’euros dans une unité de recyclage de matières plastiques automobiles à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône).

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Site Sumika Polymer Compounds à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône)
Avec la future unité de recyclage Sumika Polymer Compounds aura une capacité de traitement de 10 000 tonnes de déchets plastiques issus de l’industrie automobile courant 2026.

Les voitures aussi se recyclent. Filiale depuis 2007 du groupe japonais Sumitomo Chemical, Sumika Polymer Compounds a lancé le 6 mars la construction d’une unité de recyclage de matières plastiques automobiles sur son site de Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône). Entamé en janvier 2025 sur une réserve foncière de son usine de composés thermoplastiques et élastomères, le chantier représente un investissement de 15 millions d’euros et devrait s’achever en octobre. L'unité doit être totalement opérationnelle en 2026. «Lorsqu’elle tournera à plein régime, son effectif devrait compter une trentaine de personnes», envisage Ludovic Seynave, président de Sumika Polymer Compounds Europe.

L’unité, conçue par l’architecte Atelier 4+ à Marseille, s’étendra sur plus de 4600 m² et comprendra un atelier de recyclage (1380 m²), un atelier d’extrusion (747 m²), un espace de stockage (1750 m²) et des bureaux. Le projet a été soutenu dans le cadre de France 2030 par l’Ademe à hauteur de 6 millions d’euros et par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour 300000 euros, son agence de développement économique RisingSud ayant également participé à l’accompagnement du dossier. Pour Ludovic Seynave, «l’aide apportée par la France a été décisive dans notre choix de développer ce projet en Provence», alors que l'entreprise avait «exploré d’autres possibilités en Europe».

«Avec cette unité, nous allons disposer d’une capacité de traitement de 10000tonnes de déchets plastiques issus de l’industrie automobilequi seront transformés en granulés aux mêmes standards de qualité pour refabriquer des pièces», précise le dirigeant, citant boîtiers de réservoir, de moteur, de rétroviseurs ou de radiateurs.«Les pièces plastiques récupérées seront déchiquetées, lavées, broyées, triées avant d’en extraire tous les éléments en polypropylène que nous recyclerons par extrusion pour les réinjecter sur nos lignes de Saint-Martin-de-Crau, mais nous pourrons aussi être fournisseurs de nos sites polonais et britannique» poursuit-il.

Une innovation qui arrive au bon moment

Sumika Polymer Compounds Europe produit chaque année 95000 à 100000 tonnes de composés, avec 300 personnes réparties entre la France, la Grande-Bretagne, la Pologne, la Turquie et l’Inde pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 150 à 200 millions d’euros, selon la demande. L’unité provençale fabrique, elle, 25000 à 30000 tonnes. «Nous recyclons déjà 1000 à 2000 tonnes par an de matières plastiques achetées à des fournisseurs, mais il devient plus difficile de s’en procurer, souligne Ludovic Seynave. Avec cet investissement, nous allons sécuriser nos approvisionnements, en mettant en place et consolidant les filières. Nous nous rapprochons déjà, par exemple, de casses auto.»

A ses yeux, malgré les contestations fréquentes qu’il suscite des milieux écologistes, le plastique est très loin d’avoir dit son dernier mot, tant il est stratégique dans l’automobile pour alléger le poids des véhicules, réduisant leur consommation et leurs émissions de CO2 ou allongeant l’autonomie des voitures électriques. «En œuvrant ainsi sur une démarche d’économie circulaire et de diminution de l’empreinte carbone, nous pérennisons le futur», veut croire Ludovic Seynave.

Le projet, présenté comme «une vraie innovation par cette boucle de recyclage et de réincorporation» par Bernard Vigne, coordinateur scientifique et technique de l’Ademe «arrive au bon moment, puisque l’Union européenne va accentuer ses obligations dans le domaine pour l’industrie». De nouvelles réglementations qui vont faire naître une demande, à laquelle l'entreprise pourra alors répondre. 

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