"Cinq jours après la fermeture de l’usine, le 16 mars, le directeur a lancé un appel aux volontaires pour confectionner des masques pour les infirmières. Au début, j’ai hésité. J’avais surtout peur de contaminer ma famille. Après réflexion, je me suis dit que si je tombais malade, je serais contente de pouvoir être soignée à l’hôpital.
Donc il était normal que, de notre côté, nous fassions tout pour équiper le personnel soignant.
Dans l’usine, les lignes de production ont été adaptées. On se tient plus éloignées les unes des autres, et pendant les pauses et les repas, on fait en sorte d’être à distance. La couture des masques est un peu plus difficile que ce que l’on coud habituellement, car le tissu est plus épais et plus dur. il faut surtout faire en sorte de ne pas casser les aiguilles des machines, c’est un coup de main à prendre.
La semaine dernière, j’ai reçu un message de l’une de mes amies, qui travaille à l’hôpital Jeanne de Flandre, à Lille. Elle m’a félicitée pour le travail et remerciée. Ça m’a fait chaud au coeur, je me suis sentie utile."



