Sur plusieurs clichés pixellisés, on distingue une capsule posée sur la neige, au beau milieu d’une plaine. Les premières images ne paient pas de mine. Pourtant, c’est une véritable démonstration de puissance du programme spatial chinois. Mercredi 16 décembre, la mission Chang’e 5 a réalisé un sans-fautes en ramenant sur Terre des échantillons de la Lune. Un exploit qui n’avait pas eu lieu depuis plus de 40 ans.
La Chine, troisième nation à ramener des échantillons lunaires
Jusqu’à présent, seulement deux nations avaient ramené sur notre planète des prélèvements du sol lunaire : les États-Unis et l’Union soviétique. La dernière expédition du genre remonte à 1976, aux heures de gloire de la conquête spatiale. La sonde soviétique Luna 24 était revenue avec 170 grammes d’échantillons (contre deux kilos pour Chang’e 5). Une vidéo de la chaîne chinoise CGTN retrace l'atterrissage de la capsule de Chang'e 5 :
Depuis 1976, la donne a changé. Outre l'avènement de nouveaux acteurs privés comme SpaceX, la Chine prouve une fois de plus qu’elle pourrait rivaliser avec les États-Unis. “Chang'e-5 est l'une des missions les plus compliquées et les plus difficiles de l'histoire aérospatiale de la Chine”, souligne l’entreprise d’État chinoise CASC.

- 17093.18-0.23
Mars 2026
Cours mensuel du nickel - settlement$ USD/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
Succession d'étapes complexes
La capsule de la mission Chang’e 5 s’est posée à 1h59 du matin en Mongolie intérieure (18h59 en France métropolitaine), une région autonome du nord de la Chine. La mission avait décollé de la Terre le 24 novembre avant de se poser sur la Lune le 1er décembre. Sur place, un bras robotique a récolté 1,5 kilo de poussière lunaire tandis que la sonde a également foré le sol pour obtenir 500 grammes d’échantillons “souterrains”. Un module d’ascension a ensuite quitté la Lune avec les précieuses roches pour rejoindre l’orbiteur chinois et commencer le voyage retour.
CNSA (Une photo de l'atterrisseur chinois posé sur la Lune, cliquez ici pour voir la photo en haute définition et zoomer sur la régolithe lunaire. Crédit : CNSA)
Au terme de cette expédition, à environ 5 000 kilomètres de la Terre, la capsule d’échantillons s’est séparée de l’orbiteur. La capsule a utilisé le rebond atmosphérique pour ralentir sa chute fulgurante vers la Terre. À 10 kilomètres du sol, la sonde d’environ 300 kilos a finalement déployé ses parachutes pour se poser en douceur.
Cette succession d'étapes complexes a permis au programme spatial chinois de réaliser une série de performances inédites. Pour la première fois, la Chine a accompli un décollage depuis la Lune et un arrimage en orbite lunaire.
Une collaboration franco-chinoise pour Chang'e 6
Un avion a transporté les fameux échantillons vers un laboratoire de Pékin, la capitale chinoise. L’analyse de ces roches doit permettre de mieux comprendre l’évolution géologique de la Lune et son activité volcanique passée. Précision importante : les autorités chinoises ont ouvert la porte à un éventuel partage de ces prélèvements avec d’autres nations ou organisations.
Initié en 2004, le programme lunaire chinois ne va pas s’arrêter là. La mission Chang’e 6 (double de la mission Chang’E 5) devrait décoller en 2023 avec la collaboration de la France puisque le Centre national d’études spatiales (Cnes) va fournir l’instrument DORN, un détecteur de radon (un gaz rare radioactif). Avec ces missions, la Chine espère préparer des premiers voyages habités sur la Lune pendant la décennie 2030. Les ingénieurs chinois pourraient également préparer d’autres projets pour l’orbiteur de la mission Chang’e 5 qui flotte toujours dans l’espace.



