Actualisation du mercredi 2 décembre : Excellente nouvelle pour le programme spatial chinois. La mission Chang’e 5 s’est posée avec succès sur la Lune mardi 1er décembre à 16h11 (heure de France métropolitaine). À 15 kilomètres de la surface lunaire, la sonde a commencé à réduire sa vitesse pour s’approcher du satellite. Arrivé à 100 mètres d’altitude, l’atterrisseur “s'est mis en vol stationnaire pendant une courte période pour effectuer une détection précise des obstacles avant de continuer à descendre à une vitesse plus lente et régulière”, explique l’agence spatiale chinoise. Chang’e 5 devient donc la troisième mission à réussir un alunissage au XXIe siècle (après Chang’e 3 et Chang’e 4). La sonde a déjà commencé à recueillir des échantillons de roche et de sol.
CNSA (Les images de la surface lunaire partagées par Chang'e 5 pendant sa descente. Crédit : CNSA)
Une fois de plus, la Chine pourrait affirmer sa puissance dans le secteur spatial. Mardi 24 novembre, le pays a lancé avec succès un atterrisseur en direction de la Lune dans le but de ramener des échantillons sur Terre. C’est la première fois en quarante ans qu’une agence tente de réaliser cet exploit.
La plus grosse fusée chinoise

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Comme à son habitude, l’État chinois se montre relativement discret sur ses missions spatiales. L’Administration spatiale nationale chinoise (ou CNSA) a tout de même annoncé la réussite du décollage qui s'est déroulé à 4h30 du matin heure locale, soit lundi 23 novembre à 21h30 en France métropolitaine. La fusée a décollé depuis Wenchang, tout au sud du pays.
Retrouvez ci-dessous la retransmission complète de la mission par la chaîne chinoise CGTN (vidéo en anglais).
Baptisée Chang’e-5, la mission s’est envolée à bord d’un lanceur Long March 5. Le même modèle de fusée a été utilisé pour envoyer la sonde Tianwen-1 qui doit rejoindre la planète Mars en février 2021. Avec une hauteur de 57 mètres, Long March 5 représente également la plus grosse fusée utilisée en Chine.
Une contribution de l'Europe
“Chang'e 5, la sonde lunaire la plus lourde et la plus grande de la flotte nationale, suivra sa trajectoire dans les prochains jours et effectuera quelques opérations de correction avant d'effectuer une manœuvre de freinage clé pour éviter de passer accidentellement devant la Lune”, a indiqué la CNSA dans un communiqué.
L'Agence spatiale européenne (ESA) apporte une petite contribution à la mission. "La station sol de Kourou, en Guyane, suivra Chang'e-5 pendant plusieurs heures après son décollage afin de déterminer où exactement se trouve le véhicule, d'établir la communication et de vérifier que tout est nominal à bord", a écrit l'ESA sur Twitter.
Un nouveau défi pour les ingénieurs chinois
Avec une masse impressionnante de 8,2 tonnes, la sonde spatiale Chang’e 5 se compose de quatre éléments. Un module de service permettra à la mission de parcourir les 380 000 kilomètres qui nous séparent de la Lune. Un atterrisseur lunaire et un module de remontée pourront ensuite descendre sur la surface du satellite pour récupérer des échantillons. Enfin, un module de rentrée doit assurer le voyage retour vers la Terre qui devrait intervenir autour du 15 décembre.
“Compte tenu de ces opérations très sophistiquées, Chang'e 5 sera plus difficile et plus exigeant que les précédentes expéditions lunaires chinoises”, écrit dans un communiqué l’Administration spatiale nationale chinoise (ou CNSA). Pour s’assurer qu’elle maîtrise la délicate étape de la rentrée atmosphérique, l’agence avait effectué une mission test en 2014.
Expédition sur les plaines de lave
L’atterrisseur devrait rester posé sur la Lune deux semaines, soit l’équivalent d’une journée lunaire, pour éviter le froid extrême qui pourrait endommager les appareils de la mission une fois la nuit tombée. Selon la Nasa, l’atterrisseur pourra forer jusqu’à deux mètres de profondeur pour tenter de ramener deux kilos de régolithe lunaire. Un véritable trésor pour la communauté scientifique. Seulement deux nations ont réussi à ramener des prélèvements de roche lunaire : les États-Unis et la Russie. Et le dernier retour d’échantillons remonte à 1976. Mais la Chine n'a pas encore indiqué si elle souhaitait partager ces précieuses trouvailles avec les autres laboratoires de la planète...
Selon la prestigieuse revue Nature, la mission Chang’e 5 se posera plus précisément dans une zone volcanique facilement repérable depuis la Terre grâce à ses “plaines de lave” de couleur sombre. Ce site se situe plus largement dans l’océan des Tempêtes (ou Oceanus Procellarum), à l’ouest de la face visible du satellite. Les échantillons permettront donc de mieux comprendre l’évolution de la Lune et de dater son activité volcanique.
En janvier 2019, la Chine se démarquait déjà en devenant le premier pays se posant avec succès sur la face cachée de la Lune. Les États-Unis multiplient également les dépenses dans ce domaine avec l’espoir de conduire une mission habitée sur l’astre dès 2024. Reste à savoir si l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche va entraîner une modification de ce calendrier. Lors de sa campagne électorale, le candidat démocrate a peu détaillé ses intentions en ce qui concerne le programme spatial américain.



