Les lignes de productions de l'usine de masques de Guadeloupe, à Baie-Mahault, sont dans les starting-blocks. "Nous attendons une emballeuse qui devrait arriver sous peu, afin de lancer la production dès la semaine du 28 septembre", indique Patrick Maldhé, président de Respire Plus, une société fraîchement créée qui entend produire des protections individuelles pour la Guadeloupe, la Martinique et la zone Caraïbe.
Car, sous ces latitudes, la pénurie de masques lors de la première vague du coronavirus s'est aussi cruellement fait ressentir.
"Cette période a été un déclencheur sur un projet auquel nous réfléchissions depuis quelques temps", raconte le gérant. Alors, en quelques mois, aidé par la Région Guadeloupe, qui cofinance pas moins de 450 000 euros sur un investissement global d'un peu plus d'un million, le projet a vu le jour. "Par son accompagnement au projet Respire, la Région répond au défi de la réussite économique, mais également à un enjeu sanitaire permettant de ne pas dépendre de l'extérieur pour la protection de sa population", a indiqué le président de Région, Ary Chalus, lors de l'inauguration de l'usine, début septembre.
Enfin, pas tout à fait. La matière première des masques n'est pas produite en Guadeloupe. "Nous la faisons venir de Turquie pour l'instant, mais nous sommes en pourparlers avec des producteurs français, pour assurer de manière plus certaine notre approvisionnement", explique Iris Verdol, assistante commerciale de l'entreprise, qui ne le cache pas : "cela aura une incidence sur le prix".
DR Des masques à toutes les protections individuelles
Les machines produiront des masques chirurgicaux et des masques FFP2. "Nous avons pour l'heure une capacité de 3,5 à 4 millions de masques chirurgicaux par mois", détaille Patrick Maldhé qui espère bien doubler la production. "Car nous visons certes la Guadeloupe, mais aussi la Martinique, voire la Guyane". Et puis pourquoi pas, dans un second temps la Caraïbe dans son ensemble : "Nous sommes la première usine de masques et de protections individuelles de la région, et le Covid sévit partout", rappelle-t-il. Il faudra néanmoins régler les problèmes de transports inter-îles, encore renforcés par la crise sanitaire qui a réduit les vols et les trajets maritimes. "C'est un problème que l'on rencontre en ce moment avec la Guyane, par exemple", souligne le président.
Et quand la crise Covid touchera à sa fin, l'entrepreneur entend se tourner vers la production d'autres équipements de protection individuelle, type surchaussures ou charlottes. "Nous avons des établissements médicaux, des structures médico-sociales, qui pourraient profiter de cette offre locale", assure le dirigeant de l'entreprise. Mais, si pour les masques, "les groupes GBH et Blandin nous ont assuré de leur soutien" et donc une probable commercialisation en grande distribution, des appels d'offres seront nécessaires pour fournir les établissements médicaux ou publics. Et, structurellement, la production locale d'un département d'Outre-mer français sans subvention a peu de chances d'être plus compétitive qu'une production continentale a fortiori chinoise, selon la loi du marché.
Amandine Ascensio, en Guadeloupe



