34 exemplaires du 777X de Boeing commandés par Qatar Airways, assortis d’une option pour 16 appareils supplémentaires. L’avionneur américain n’en espérait sans doute pas tant pour la première commande de la version cargo de son nouveau gros-porteur, pour un montant total de 20 milliards de dollars. Une lettre d’intention a également été signée par Qatar Airways à la suite d’une visite de son émir à la Maison-Blanche portant sur 25 appareils 737-10 et jusqu’à 50 commandes de 737 MAX - soit 7 milliards de dollars au prix catalogue.
Différend entre Qatar Airways et Airbus
Un choix qui n'est pas innocent de la part de Qatar Airways. La compagnie aérienne a engagé un bras de fer avec Airbus. L'affaire a débuté par le constat d'une dégradation des peintures sur des modèles A350. Si Airbus a reconnu le problème, causé selon lui par des écarts de température entre le sol et l’altitude, le constructeur européen a avancé que ces défauts n’empêchaient pas pour autant de faire voler les avions - tout comme l’Agence européenne de sécurité aérienne. Qatar Airways a pourtant cloué au sol près de la moitié de la flotte concernée, soit 21 appareils... avant qu’Airbus n’annule purement et simplement la commande de 50 A321neo passée par la compagnie.
Une décision rarissime dans le monde de l’aviation, mais que le groupe peut se permettre, selon un connaisseur du dossier interviewé par L’Usine Nouvelle : « Airbus a toujours été arrangeant avec ses clients, bien plus que Boeing. D’outsider, le groupe est devenu leader et a désormais la possibilité de pouvoir choisir ses clients ». En guise de représailles, la compagnie qatarie a publié le 22 janvier dernier une vidéo des défauts en question.

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Qatar Airways craint notamment que l’usure de la peinture n’endommage le revêtement anti-foudroiement du fuselage, qu’on devine à plusieurs endroits. Dans ce dossier, la compagnie qatarie réclame 618 millions de dollars d’indemnisation pour l'immobilisation des 21 A350, qui ne sont pourtant pas les seuls concernés. Selon Reuters, au moins cinq autres compagnies aériennes connaîtraient les mêmes problèmes sur leurs A350 : Air Caraïbes, French Bee, Finnair, Lufthansa et la hongkongaise Cathay Pacific. Mais aucune n’a jugé nécessaire de retirer les A350 en question, ajoute Airbus. Une histoire dont se serait sans doute passé le constructeur, qui a fait de l’A350 le porte-étendard de la marque depuis l’arrêt de la production de l’A380.
Une bonne nouvelle pour Boeing
Pour le constructeur américain, la commande des 777-8 représente plus qu’un joli coût : il s’agirait, en valeur, de la « plus large commande de fret dans l’histoire de Boeing », a annoncé le groupe dans un communiqué. C'est aussi un moyen de se positionner sur le fret aérien, dopé par l’envolée du commerce en ligne et la surchauffe du transport maritime. Son grand rival Airbus a d’ailleurs annoncé le 25 janvier le lancement de sa propre filiale de fret, Air Beluga Transport, dédiée au transport de charges exceptionnelles pour le compte d’autres segments de l’industrie.
La décision de Qatar Airways fait enfin figure d’une vraie bonne nouvelle pour Boeing, victime comme ses concurrents de la chute du nombre de passagers suite à la pandémie, et de ses propres déboires : les livraisons de son long-courrier 737 Dreamliner sont suspendues depuis l’été 2020 à cause de problèmes de production, et son 777X connaît lui-même des difficultés, puisque les livraisons de sa version passagers, repoussées à fin 2023, étaient initialement prévues en 2020. L’annonce faite par Ethiopian Airlines, le 1er février, de reprendre les vols avec le Boeing 737 MAX à partir du 1er septembre, est en cela une autre bonne surprise pour le constructeur américain. Deux crashs successifs de ce modèle, en 2018 en Indonésie et en 2019 en Ethiopie, avaient provoqué l’arrêt des vols du 737 Max à travers le monde.
Dans son communiqué, Boeing a indiqué que le 777-8 Freighter pourrait voler avec une autonomie de 8 167 kilomètres et emporter jusqu’à 188 tonnes, « permettant aux clients de faire moins d’arrêts et de réduire les frais d’atterrissage sur les routes long-courriers ». L’avion sera construit dans l’usine d’Everett (Etat de Washington), aux Etats-Unis, et permettra de maintenir sur place « des milliers d’emplois ». Le 777-8F doit entrer en service en 2027, soit deux ans après son concurrent direct, l’A350F d’Airbus, qui pourra transporter jusqu’à 109 tonnes.



