La renaissance de Boeing s’effectue à petit pas. Si l’avionneur américain a présenté mercredi 26 janvier des résultats financiers reflétant un certain regain de forme, il reste touché par une série de déboires industriels dont il peine encore à se relever. En témoigne les chiffres dévoilés à cette occasion : si le groupe affiche en 2021 un chiffre d’affaires de 62,3 milliards de dollars, soit une augmentation de 7%, il accuse dans le même temps une perte nette de 4,3 milliards de dollars. Les performances enregistrées durant l’année 2018, durant laquelle le géant américain avait engrangé un chiffre d’affaires de 101 milliards de dollars et 10,5 milliards de bénéfices, paraissent bien lointaines.
Comment expliquer cette situation ? La hausse du chiffre d’affaires se concentre en bonne partie au sein de la branche commerciale, dont l’activité a été marquée par la hausse significative des livraisons. Avec 340 appareils livrés, contre 157 en 2020, cette division du groupe a vu son chiffre d’affaires passer de 16,1 à 19,5 milliards de dollars. Là encore, le niveau de 2018 semble appartenir à un autre temps, avec cette année-là 806 livraisons d’avions.
En 2021, c’est le 737 MAX qui a tiré le groupe vers le haut, avec pas moins de 245 livraisons à lui seul. Immobilisé près de deux années durant, le monocouloir impliqué dans deux crashs mortels reprend peu à peu du service, après le feu vert de la FAA obtenu en novembre 2020. Et Boeing espère bien passer rapidement à la vitesse supérieure. Les cadences du programmes sont actuellement de 26 appareils par mois et devrait progresser à 31 appareils dans le début de l'année 2022. «La société évalue le calendrier de nouvelles augmentations de cadences », précise le communiqué du groupe.
Les livraisons de 787 toujours à l'arrêt

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Mais la montée en puissance du monocouloir, toujours interdit de vol en Chine, est quelque peu gâchée par la persistance des problèmes de fabrication touchant le 787 Dreamliner. Défauts de raccords au niveau de certaines jonctions du fuselage, problèmes de qualité du stabilisateur horizontal… L’avionneur a été contraint d’enregistrer une nouvelle charge de 3,5 milliards de dollars qui explique une bonne partie de l’état financier actuel du groupe, comprenant les réparations et les compensations auprès des compagnies aériennes. Et ce n’est pas fini : Boeing anticipe déjà un nouveau surcoût de 2 milliards de dollars d’ici fin 2023. Soit une facture, provisoire, qui s’élève à 5,5 milliards de dollars.
Pour l’heure, les livraisons, mises en pause courant 2021, sont toujours interrompues. « L’entreprise continue d'effectuer des retouches sur les 787 en stock et est engagée dans des discussions détaillées avec la FAA [l’Aviation civile américaine, ndlr] concernant les actions requises pour reprendre les livraisons », assure Boeing dans son communiqué. Le groupe ne fournit aucune information sur le redémarrage de la production, tout juste précise-t-il que le retour à un rythme de 5 appareils par mois s’effectuera "au fil du temps".
Services gagnants pour Boeing
Vu l’ampleur des difficultés que traverse la branche commerciale, les autres divisions du groupe semblent traverser la crise sans trop d’encombres. L’activité spatial, défense et sécurité enregistre un chiffre d’affaires de 26,5 milliards de dollars, en hausse de 1%, ainsi qu’un bénéfice net stable de 1,5 milliard de dollars. Malgré les contrats, la branche a dû, elle aussi, enregistrer une charge de 402 millions de dollars en raison des difficultés rencontrées par son avion ravitailleur KC-46, qui cumule retards et défauts de qualité.
Seule franche éclaircie dans ce ciel bien maussade : les performances financières de la branche dédiée aux services. Un terrain sur lequel l’avionneur américain peut se targuer d’une certaine avance face à son rival européen. Les services ont généré en 2021 un chiffre d’affaires de 16,3 milliards de dollars, en hausse de 5%, ainsi qu’un bénéfice net de 2 milliards de dollars. Des chiffres qui s’expliquent par une série de contrats, touchant par exemple à la logistique de l’hélicoptère V-22 pour la marine nationale et à la formation et le support des Apache pour le ministère de la défense britannique.



