En Bretagne, Circul’Egg accélère la valorisation des coquilles d'oeufs

[Objectif première usine 8/8] Pour les start-up industrielles, fabriquer un produit basé sur une technologie innovante dans une nouvelle usine est un défi colossal. Après un pilote lancé dans un garage, Circul'Egg a dû rapidement trouver un site de production pour répondre à la demande. Il s'est équipé en amont pour industrialiser son procédé de valorisation des coquilles d'œufs.

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Circul’Egg a développé un procédé breveté de valorisation des coquilles d’œufs. Son usine a été lancée en 2023 à Janzé, près de Rennes (Ille-et-Vilaine).

«C’est un peu cliché, mais nous avons commencé dans un garage», confie Yacine Kabeche. Pas de révolution informatique ici : cet ingénieur diplômé en agro a fait breveter un procédé qui permet de séparer les membranes des coquilles d’œufs. Le broyage de la coquille permet d’obtenir du carbonate de calcium, employé par exemple dans les peintures. La membrane, elle, contient du collagène, utilisé dans les compléments alimentaires et prisé par la cosmétique.

Après être passé par la case pilote – une grosse cuisine de 100 mètres carrés près de Clichy (Hauts-de-Seine), qui lui a permis de fournir de premiers échantillons aux clients et d’obtenir des intentions de commandes –, Yacine Kabeche décide de monter une usine. La course contre la monte est lancée. «Nous avions besoin d’honorer nos commandes», résume-t-il. Le périmètre de recherche est fixé entre Rennes et Laval, l’épicentre des casseries, qui fournissent la matière première.

Pas question de perdre du temps en études et recours pour construire un site. En avril 2023, l’ingénieur récupère les clés... D’un entrepôt logistique vide à Janzé (Ille-et-Vilaine), qu’il faut transformer en lieu de production respectant les normes. Pour lancer la production six mois plus tard, Yacine Kabeche a pris de l’avance : «J’ai commandé les machines avant d’avoir le site, en mettant l’adresse de mes parents.» Il conçoit le module de production avec les prestataires en amont, adaptant ses recherches aux contraintes couchées sur papier.

Six mois pour atteindre 5 tonnes de production par jour

Pendant les travaux, les services de l’État vont faire office de véritables «accélérateurs», malgré les difficultés juridiques liées à cette activité nouvelle, à la croisée de la gestion des déchets et de l’agroalimentaire. «Je ne pensais pas faire autant de réglementation», relate Yacine Kabeche. Après l’ouverture du site en novembre 2023, place à la montée en cadence. L’ingénieur avoue avoir perdu un peu de temps, sous-estimant la courbe d’apprentissage. Il lui faudra six mois pour arriver à 5 tonnes de production par jour – 95% de carbonate de calcium, 5% de collagène et d’autres produits issus de la membrane –, le double de ce qu’il avait estimé. Pour ne pas se brûler les ailes, Yacine Kabeche a misé sur un site de taille limitée. Il devrait arriver à saturation à la fin de l’année. Ce sera alors le moment de décider s’il faut pousser les murs où déménager.

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