BP frappe un grand coup dans les énergies renouvelables. La compagnie d’énergie britannique a annoncé mercredi 15 juin une prise de participation de 40,5 % dans le projet Asian Renewable Energy Hub (AREH), développé en Australie Occidentale, dans la région de Pilbara. Un projet qui a, selon ses promoteurs, «le potentiel de devenir l'un des plus grands centres d'énergies renouvelables et d'hydrogène vert au monde».
BP va exploiter le site qui vise une capacité de production combinée d'énergie solaire et éolienne de 26 GW. «Soit l'équivalent de la production de plus de 90 térawattheures par an, ce qui représente environ un tiers de toute l'électricité produite en Australie en 2020»,indique le communiqué. Cette annonce intervient alors que le régulateur australien a suspendu mercredi 15 juin son marché de l’énergie, menacé de pénurie et en proie à une flambée des prix.
«9 millions de tonnes d'ammoniac vert par an»
«À pleine échelle, l’AREH pourrait produire 1,6 million de tonnes d'hydrogène vert ou 9 millions de tonnes d'ammoniac vert par an», détaille l’entreprise. La localisation de l’AREH, sur un site de 6 500 kilomètres carrés, a été choisie afin de pouvoir à la fois «fournir de l'énergie renouvelable à des clients locaux» et sur «le marché intérieur australien» dans son ensemble. Mais également afin d’exporter une partie de la production «vers de grands utilisateurs internationaux», notamment le marché asiatique.
BP Le projet AREH sera implanté dans le nord de l'Australie Occidentale, à proximité de ports afin de faciliter l'exportation de l'énergie produite. © BP
Aucune date de mise en service n’a pour l’heure été communiquée. Selon l'entreprise américaine spécialisée dans l'information et l'analyse financière S&P Global, la production pourrait débuter à l’horizon 2027-2028. BP opèrera le site aux côtés d’autres acteurs que sont InterContinental Energy (26,4%), CWP Global (17,8%) et Macquarie Capital & Macquarie’s Green Investment Group (15,3%).
Les autorités inquiètes de l’impact environnemental du projet
«Nous pensons qu'AREH peut être un projet clé pour nous, en aidant nos clients et partenaires locaux et mondiaux à respecter leurs engagements en matière de net zéro et d'énergie, estime Anja-Isabel Dotzenrath, vice-présidente de BP pour le gaz et les énergies bas carbone. Il contribuera également à une sécurité énergétique durable en Asie-Pacifique, en aidant des pays comme la Corée du Sud et le Japon à se décarboner».
«L'annonce d'aujourd'hui renforce la position de l'Australie occidentale en tant que destination d'investissement de classe mondiale pour l'énergie verte - et nous sommes impatients de contribuer à l'avancement de ce projet transformateur»,a réagi sur Facebook peu après l’annonce Alannah MacTiernan, la ministre du développement régional de l’Etat d’Australie-Occidentale en charge de l'industrie de l'hydrogène. Mais si le gouvernement local voit d’un bon œil ce projet, ce n’est pas forcément le cas du gouvernement fédéral. En juin 2021, le ministre de l’Environnement d'alors Sussan Ley avait demandé aux promoteurs de l’AREH de revoir leur copie, affirmant que le projet de développement du Pilbara nuirait aux zones humides et aux espèces d'oiseaux menacées.
Le nouveau gouvernement travailliste issu des dernières élections de mai 2022 se veut d'ailleurs davantage actif sur le front du climat. Le Premier ministre, Anthony Albanese, a annoncé jeudi 16 juin son intention de réduire les émissions de carbone de l'Australie de 43 % d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005. C'était l'une de ses promesses électorales, même si elle reste moins ambitieuse que les objectifs européen ou américain. «Lorsque le Parlement reprendra ses travaux, nous agirons rapidement pour inscrire les objectifs 2030 et 2050 de l'Australie dans la législation», a-t-il déclaré, assurant vouloir offrir aux industriels et investisseurs «la certitude qu'ils recherchent».



