L’entreprise MPH1865 a démarré, mi-septembre, une seconde machine à papier sur son site Ardèchois d’Annonay. D’un montant de 26 millions d’euros, l’équipement de dernière génération, ajouté à une unité de traitement de vieux papier, s’inscrit dans un investissement total de plus de 74 millions d’euros.
Ce dernier comprend, outre la création de la papeterie, la modernisation des lignes de transformation et la construction de nouveaux bâtiments. Cet investissement est le second volet d’un plan ambitieux débuté en 2011, lorsque l’entreprise a créé son activité papetière. Connue à l’époque sous le nom de MP Hygiene, la PME passe alors de transformateur de produits d’essuyage papier à partir de bobines mères importées d’Italie, à celui de fabricant intégré de la bobine mère au produit fini.
30 emplois directs
L'industriel est un spécialiste de la fabrication et la transformation de produits d'hygiène professionnelle (essuie-main papier, essuyages non-tissé, papier toilette, savon, gel hydroalcoolique, et équipements individuels jetables). Son activité est répartie sur cinq sites, elle passe avec cette seconde machine, d’une capacité de production de 30000 tonnes de bobine mère par an, à 65000 tonnes. Elle commercialisera, l’an prochain, 75000 tonnes de produits finis (44000 tonnes en 2023).
«Ce plan s'inscrit dans notre stratégie 2030 qui vise à augmenter la capacité de production tout en diminuant significativement l’impact carbone de la société», indique Laure Miribel, directrice générale déléguée de MP groupe. L’entreprise, qui se présente comme le plus important fabricant de papier labellisé origine France, annonce également la création de 50 emplois, dont 30 directement liés à la papeterie.
Une machine hybride pour décarboner
L’imposante machine fournie par le constructeur italien Toscotec est présentée comme particulièrement écologique. Elle est, selon MPH1865, la première au monde équipée d'une hotte hybride fonctionnant au gaz, à l’hydrogène ou à l'électricité. «Elle peut sécher à l’électricité et éliminer ses émissions directes de carbone», précise la dirigeante. Autre avantage, et non des moindres, le choix technique donne la possibilité à l’entreprise de choisir son énergie selon les cours en vigueur. Grâce à son design et à ses moteurs à aimants permanents, ce second équipement est 30% moins énergivore que le premier.
L’investissement donne aussi l’occasion à MPH1865 de passer un cap dans le domaine de l’économie circulaire. Sa part de matière vierge – la ouate de cellulose – intègre désormais des fibres recyclées provenant de chutes d’emballages de la région et d'essuie-mains «souillés». Les premiers étaient jusqu’ici exportés et les seconds incinérés. En 2030, l’entreprise prévoit de produire son papier pour moitié à partir de fibres recyclées.
Feuille d’essuie-mains en rouleau la moins carbonée du marché
En misant à la fois sur le «made in France» et sur le développement durable, l’industriel qui a réalisé 140 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 compte bien se démarquer de la concurrence sur un marché du papier d’hygiène en progression. «L’hygiène professionnelle est particulièrement dynamique grâce à la demande croissante de produits écoconçus et à faible empreinte carbone», constate Laure Miribel.
L’entreprise qui fait valoir la nécessité d’adopter «une déconsommation intelligente» en se focalisant sur l’empreinte carbone à la feuille plutôt que sur une mesure au kilo, revendique d’ailleurs la feuille d’essuie-mains en rouleau la moins carbonée du marché (3,47 g CO2) et vise les 2,47 g CO2 en 2030 quand la concurrence se situe actuellement à 4,09 g CO2. Un défi désormais à la portée de l’entreprise qui compte 290 salariés et projette un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros en 2030.



