Du bassin minier au grand bain diplomatique. Après un détour par l’usine de batterie d’AESC Envision à Douai (Nord) pour promouvoir la «réindustrialisation décarbonée» d’un territoire nordiste qui «doit redevenir une terre d’opportunité», Emmanuel Macron s’envole mardi 3 juin pour une soirée à Rome. Au programme : un dîner de travail avec Georgia Meloni, la présidente du Conseil italien. Guerre à Gaza, cessez-le-feu en Ukraine, réunification militaire et financière en Libye… organisée à l’initiative du chef de l’État français, la rencontre sera l’occasion pour les deux dirigeants d’aborder de nombreux sujets sensibles qui égrènent l’actualité.
Le président de la République entend également profiter de ce rendez-vous pour avancer sur un certain nombre de sujets économiques, dans le domaine de l’énergie ou du spatial. Les soucis de gouvernance de STMicroelectronics seront-ils abordés ? Rien d’officiel. Emmanuel Macron a toutefois précisé un axe de travail majeur à ses yeux. «Quand je vous quitterai tout à l’heure, j’irai en Italie directement pour qu’ensemble, français et italien – et avec les Allemands –, on essaie de pousser une réforme pour simplifier la réglementation et avoir des petits véhicules européens plus compétitifs, avec moins de normes, mais qui garantissent un contenu européen.»
Vers une obligation de contenu local ?
Sans l’ombre d’un doute, cette déclaration d’intention sera applaudie dans les conseils d’administration des constructeurs et équipementiers tricolores. En annonçant vouloir s’attaquer à ce que les industriels dénoncent comme une «surréglementation» bruxelloise, le président cède à une demande de longue date des patrons. Tout en se revendiquant l’unique défenseur de la petite citadine pas chère en Europe, le patron de Renault, Luca de Meo, dénonce continuellement les normes, notamment de sécurité, qui renchérissent et alourdissent les véhicules. «Entre 2015 et 2030, le coût d’une Clio aura augmenté de 40%. Cette augmentation est à 92,5% attribuable à la réglementation», a-t-il assuré au Figaro début mai.
En disant réfléchir à une obligation de «contenu européen», Emmanuel Macron fait un appel du pied aux fournisseurs comme Valeo, OPmobility et Forvia. Ces derniers réclament plus de protection face à la concurrence bon marché d’acteurs asiatiques et la volonté affichée de certains constructeurs occidentaux de s’approvisionner à moindre coût à l’extérieur de l’Europe. Enfin, l’arrivée sur le marché de voitures électriques plus contenues en taille et potentiellement moins onéreuses serait vu d’un bon œil par les consommateurs européens.

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Le prix des véhicules neufs a explosé
Une étude parue fin mai rédigée par l’Institut mobilités en transition en partenariat avec le cabinet C-Ways a calculé une augmentation des prix catalogue des véhicules neufs achetés en France de 6800€ entre 2020 et 2024, soit une augmentation de 24%. «Certains constructeurs blâment en premier lieu les normes européennes pour justifier cette augmentation, d’autres acteurs pointent du doigt une politique d’offre et de pricing opportuniste de la part de ces derniers, pour optimiser leurs résultats au détriment des volumes», pointe la note.
Reste à Emmanuel Macron la tâche de convaincre ses homologues européens, ce qui pourrait prendre du temps. Après huit ans au pouvoir, le chef de l’État croit plus que jamais à sa «politique écologique à la française» mêlant écologie et économie avec des créations d’emplois. «On va continuer de se battre», a-t-il assuré depuis Douai. «Il n’y a pas de fatalité, de morosité», a-t-il lancé à l’occasion d’un déplacement aux accents de service après-vente de son action.



