Fabricant de matelas reconditionnés depuis 2017, la société héraultaise Ecomatelas affiche ses ambitions grâce à l’inauguration mi-mars de sa nouvelle usine, située dans des locaux loués de 1000m² à Vendargues, près de Montpellier (Hérault). «Ce transfert à 100000 euros a permis de doubler la surface et nous avons gagné 40% de productivité. La capacité de production est montée de 800matelas par mois à 1500», se réjouit Jérémie Adjedj, cofondateur et directeur général.
La PME de 17 salariés vise 4 à 4,5 millions d’euros de ventes en 2025, après avoir réalisé 3,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et 2,2 millions en 2022. «Nous avons passé le cap des 10000 matelas vendus.»
L’écart de prix avec un matelas neuf atteint 30 à 50%. Les particuliers ne sont pas les seuls à acheter des matelas reconditionnés, les professionnels représentent un quart des ventes. «Nous sommes capables de faire l’analyse du cycle de vie et calculer l’impact carbone pour chaque projet.» Ecomatelas a un site web marchand et deux boutiques, l’une à son siège de Saint-Aunès (à 10 kilomètres de Montpellier) et l’autre à Fresnes (Val-de-Marne). Elle doit en ouvrir trois autres : fin 2026 à Toulouse, puis à Bordeaux et Lyon.
La PME, qui livre partout en France, envisage d’ouvrir une seconde centrale de reconditionnement, de taille comparable à celle de Vendargues, en région parisienne. «Nous en avons besoin pour fin 2026, début 2027, planifie Jérémie Adjedj. Cela représentera un investissement de 500000 à 600000 euros et il faudra six à sept personnes pour la faire tourner.»
Un reconditionnement en cinq étapes
L’approvisionnement en matelas vient des renouvellements de l’hôtellerie, des invendus et fins de série des fabricants de literie. «Cela fait aussi partie du deal avec Recyc Matelas Europe», note Jérémie Adjedj. Cet acteur du démantèlement et de la valorisation de matelas en fin de vie a acquis la majorité de la PME héraultaise en février 2023. «Son gisement correspond bien à notre cahier des charges.»
Il faut cinq étapes pour produire un matelas reconditionné, avec une machine conçue sur mesure pour 400 000 euros en 2022 et brevetée : le déshabillage, la taille de la matière, le réassemblage (avec de la colle sans composés organiques volatils), la désinfection et le rhabillage. «Le procédé de désinfection thermique a été vérifié par Bureau Veritas, insiste Jérémie Adjedj. Nous sommes aussi labellisés anti-punaises de lit parInelp.»



