DualSun, la start-up fabless du solaire hybride made in France, vitrine de l’industrie du futur

DualSun a décroché le label vitrine de l’industrie du futur grâce à son investissement dans la ligne de production de panneaux hybrides photovoltaïque-thermique installée chez Redeley.

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Dualsun Réalisation liaisons hydrauliques chez Redeley
DualSun a investi 500 000 euros dans une ligne de production chez Redeley à Jujurieux, dans l'Ain.

Dualsun n’a pas d’usine en propre. On est "fabless", reconnaît Jérôme Mouterde, le cofondateur de cette PME spécialisée dans les panneaux solaires hybrides, qui produisent sur la face avant de l’électricité et sur la face arrière de l’eau chaude. Pourtant, la start-up marseillaise, créée en 2010, a été labellisée vitrine de l’industrie du futur en octobre 2020. "Depuis le début, Dualsun est un projet industriel. On voulait produire nos panneaux", explique le dirigeant.

Pas la face avant, trop difficile à produire de manière compétitive face à la concurrence des panneaux photovoltaïques chinois. "On se spécialise sur la fabrication de la partie thermique, c’est là que sont les brevets, précise Jérôme Mouterde. On a développé le process et la machine pour produire l’échangeur thermique au dos du panneau solaire, qui lui est composé de cellules qui viennent d’Asie." Une innovation qui a nécessité cinq années de recherche fondamentale, de modélisation et de recherche appliquée pour arriver à un premier prototype en 2009-2010 puis, en 2014, à un "premier produit abouti et certifié que l’on pouvait produire industriellement". Ces premiers panneaux étaient produits à Chalon-sur-Saône, chez un sous-traitant.

Une ligne chez Redeley

Ensuite, de 2014 à 2017, grâce à plusieurs levées de fonds (4 millions d’euros au total), DualSun a amélioré le rendement et le coût de production de ses panneaux hybrides pour arriver en 2019 à une version 3. Celle-ci est produite à Jujurieux dans l’Ain, "dans une usine dans laquelle on a beaucoup investi", ajoute Jérôme Mouterde. Mais l’usine n’est pas à DualSun. "On a un partenariat avec un fabricant, Redeley, qui fait de la sous-traitance, principalement dans l’automobile, mais qui a perdu un contrat il y a quatre ans. Nous sommes propriétaires des machines, dans lesquelles nous avons investi 500 000 euros en 2019." C’est Redeley qui les opère avec six de ses salariés. La start-up, de 20 personnes dont trois qui gèrent la production, bénéficie ainsi des process qualités et normes Iso en place.

60% made in France

La ligne de production a une capacité de 30 000 panneaux de 375 watts crête (Wc) et 400 watts thermiques (Wt), soit environ 11 MW électriques et 12 MW thermiques. En 2021, Dualsun a prévu de produire 10 000 unités de ces panneaux "made in France à 60% certifiés par les douanes". Reste à les vendre. DualSun a opté - "comme Velux", sa marque de référence - pour une vente via des distributeurs agréés et un réseau de 300 installateurs, qu’il faut former. "On a beaucoup investi dans la formation d'un réseau d’installateurs de nos produits, en développant des formations qui sont aussi proposées à des demandeurs d’emploi via Pôle emploi, explique le dirigeant de la start-up. On a déjà formé trois promotions à Marseille et deux à Lyon, chacune d’une dizaine de personnes". De quoi créer ces fameux emplois verts non délocalisables tant attendus dans les énergies renouvelables. Même si près 40% de la production de DualSun part à l'export...

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