Du carton pour les champignons Lou

Le jeune producteur français a revu ses barquettes et clayettes pour un produit caractérisé par son humidité. -

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Champignons Lou
Champignons Lou

Comment appliquer la loi quand les produits concernés ne se prêtent pas nécessairement à des changements ? C’est à ce dilemme que Lou Légumes, un jeune producteur de champignons, installé à Poilley (Ille-et-Vilaine), s’est trouvé confronté lorsque la loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) est entrée en vigueur. Le champignon frais est un légume qui respire, rejetant de l’humidité mais pouvant en absorber aussi. C’est pourquoi, lorsqu’elle a commencé son activité il y a cinq ans, l’entreprise avait choisi de conditionner sa production dans des barquettes en polyéthylène téréphtalate recyclé (rPET).

Repenser la cueillette

L’interdiction, à compter du 1er janvier 2022, de conditionner dans des emballages en plastique les fruits et légumes frais non transformés d’un poids inférieur à 1,5 kg et le rejet croissant du plastique par les distributeurs et les consommateurs l’ont obligée à chercher une autre solution. Le bois ? « Ce serait l’idéal mais son coût est prohibitif, estime Emmanuelle Roze, cofondatrice de l’entreprise, avec son frère et son mari, en charge du marketing et de la communication. En outre, le matériau est fragile, il casse beaucoup sur les lignes lorsqu’il est filmé. » Il n’y avait donc vraiment que le carton. «  Ce n’était pas évident, indique la responsable. Il ne permet pas au champignon de reprendre l’eau et, stocké, son volume est quatre fois supérieur. Et comme les cueilleurs mettent directement leur récolte dans les barquettes, il nous fallait repenser leur méthode de travail. » Finalement, une alternative a été trouvée avec Saica Pack, qui applique un vernis technique à l'intérieur pour assurer la barrière l'humidité et utilise une double cannelure très fine pour résister aux contraintes de torsion. « Seul le film de suremballage est encore en plastique, précise Emmanuelle Roze, car le 100 % carton n’existe pas aujourd’hui. » Le producteur a dû également investir dans une formeuse, les barquettes étant livrées à plat. « Mais ces transformations et les délais de mise en œuvre mettent la filière en grandes difficultés », souligne la responsable.

Détails et ajustements

Par ailleurs, dans le cadre d’une démarche RSE très élaborée – la PME est membre de l’association Demain la terre qui défend une troisième voie entre agriculture raisonnée et agriculture biologique –, Lou Légumes ne fait plus imprimer ses plateaux que dans une couleur. Elle a également adopté des clayettes en carton pour le vrac, qui lui sont fournies par Smurfit Kappa. « Cependant, le stockage reste problématique, confie Emmanuelle Roze. De tels choix, ce sont de multiples détails à résoudre et ajustements à opérer. » Aussi l’entreprise collabore-t-elle avec l’interprofession pour avancer plus vite sur ces sujets.

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