200 millions d’euros investis par Seqens
Seqens mène l’emblématique projet de relocalisation du paracétamol. Sur la plateforme chimique de Roussillon (Isère), le spécialiste des principes actifs et des intermédiaires pharmaceutiques va mobiliser 100 millions d’euros, avec un soutien de l’État à hauteur de 30 à 40 %, pour construire cette unité unique en Europe, où le paracétamol n’est plus produit depuis 2008. Les investissements industriels du groupe vont toutefois au-delà, avec 200 millions d’euros programmés entre 2022 et 2024 sur l’ensemble de ses sites pharmaceutiques français.
En plus de la modernisation des centres de R & D de Porcheville (Yvelines) et de Nîmes (Gard), et de la hausse des capacités dans plusieurs usines, de nouvelles unités démarrent ou sont en cours d’installation. Elles produiront des principes hautement actifs (HPAPI) destinés aux médicaments anticancéreux et antiviraux, comme à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) et à Aramon (Gard). Au total, Seqens devrait créer entre 100 et 150 emplois directs.
Axplora construit au Mans
Spécialiste des principes actifs, Axplora construit au Mans (Sarthe) une unité HPAPI pour des anticancéreux, un projet s’élevant à 5,1 millions d’euros qui devrait créer une dizaine d’emplois d’ici à la fin de l’année. Il va aussi investir 6 millions d’euros dans l’usine de Chasse-sur-Rhône (Isère) pour la moderniser et augmenter ses capacités de production de principes actifs de nouvelle génération.
Le laboratoire Aguettant renforce ses anesthésiants
Le projet de 44,6 millions d’euros du laboratoire Aguettant se décline en plusieurs volets. Deux lignes entreront en service cet automne, l’une dédiée aux seringues préremplies à Champagne (Ardèche), l’autre aux ampoules à Lyon-Gerland (Rhône). À la clé, 75 emplois. Par ailleurs, sept autres médicaments injectables d’anesthésie-réanimation sont en développement.
Orgapharm prépare l’industrialisation de huit API
La R & D, qui a nécessité 6 millions d’euros (dont 3,6 millions d’aides de l’État), est quasi terminée. La production, qui demandera de nouveaux investissements, devrait démarrer en 2024. Orgapharm (groupe Axyntis) met au point, dans son site de Pithiviers (Loiret), des procédés de synthèse pour produire en France huit principes actifs destinés à la réanimation et à l’anesthésie (adrénaline, noradrénaline, propofol, fentanyl...).
© OUEST FRANCE?/?MAXPPP Panpharma va investir 26 millions d’euros. (© Ouest France / MAXPPP)
Panpharma double sa production d'antibiotiques
Seul producteur d’antibiotiques injectables (pénicillines et céphalosporines) en France, Panpharma investit 26 millions d’euros pour doubler les capacités de production de son site de Luitré-Dompierre (Ille-et-Vilaine) d’ici à 2025. L’ETI de 600 salariés, qui a réalisé 150 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2022, bénéficie d’une subvention de l’État de 7 millions d’euros et autant en avances remboursables. Vingt emplois seront créés.
Fareva renforce ses génériques injectables
Le sous-traitant pharmaceutique a lancé un projet de renforcement capacitaire sur le site de sa filiale Valdepharm, spécialisée dans les principes actifs stériles, à Val-de-Reuil (Eure). Le projet, qui doit créer 20 emplois directs, se concentre sur l’ajout de trois principes actifs utilisés dans des corticostéroïdes, des médicaments injectables.
Diverchim produira curares et anesthésiques
Producteur de molécules organiques complexes utilisées en petite quantité, qui n’intéressent pas les gros industriels, le laboratoire Diverchim (50 salariés) de Roissy-en-France (Val d’Oise) prévoit d’investir 5 à 15 millions d’euros pour se doter de lignes de production de trois curares et de trois anesthésiques, soutenu par une avance remboursable de 1,8 million d’euros de Bpifrance. Vingt emplois devraient être créés.
M2i sécurise certains approvisionnements
L’entreprise déploie un plan de plus de 4 millions d’euros à travers trois projets soutenus par France Relance. M2I, qui créera une vingtaine d’emplois, finalise la mise en production d’un principe actif utilisé en anesthésie-réanimation et de deux autres pour des médicaments gastro-entérologiques, tous insuffisamment produits en Europe, dans son usine de Salin-de-Giraud (Bouches-du Rhône). Un projet de procédé de chimie en continu est également en développement.
Laurent Galaup / Groupe Pierre Fabre Dans le site de Pierre Fabre à Gaillac (Tarn). (© L. Galaup / Groupe Pierre Fabre)
Pierre Fabre relocalise depuis l'Allemagne
Le laboratoire Pierre Fabre a bouclé un investissement de 4,5 millions d’euros, avec quelques emplois à la clé, pour relocaliser à Gaillac (Tarn) un principe actif d’un médicament anticancéreux, dont il avait obtenu auprès de Pfizer les droits de commercialisation hors du Japon et des États-Unis. La production était jusqu’alors confiée à un sous-traitant en Allemagne, qui gardera quelques lots pour assurer une sécurité d’approvisionnement.
EuroAPI engage 40 millions d’euros pour sa vitamine B12
Seule usine en Europe de vitamine B12, utilisée comme principe actif, le site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime) va voir ses productions augmenter de 60 % entre 2025 et 2027. EuroAPI, ex-division principes actifs chimiques de Sanofi, engage 40 millions d’euros dans ce projet de modernisation et de renforcement capacitaire, soutenu par 7,9 millions d’euros d’aides publiques, dont une
partie issue de France Relance.
Par Julien Cottineau et Cécile Maillard

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3717 - Avril 2023



