Alors qu'une quinzaine de salariés manifestaient sur les marches du palais de justice, le tribunal de commerce d'Orléans (Loiret) a examiné le 22 septembre les deux offres de reprise pour Inteva, qui comprend trois usines à Sully-sur-Loire (Loiret), Esson (Calvados) et Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), qui emploient près de 630 personnes.
La branche française de l'équipementier automobile américain Inteva est en redressement judiciaire depuis le 9 juin 2020. Le jugement sera rendu le 2 octobre.
Ce spécialiste des moteurs de lève-vitres et de serrures, qui équipe entre autres la quasi-totalité des voitures de PSA, intéresse le groupe lui-même. La direction d'Inteva propose de fermer l'usine vosgienne (222 salariés) et de supprimer 42 postes sur 160 dans le Loiret, tout en conservant l'usine d'Esson (238). Soit 356 postes conservés.
Nouvelle ordonnance
Cette solution est favorisée par la nouvelle ordonnance adoptée en mai 2020, qui autorise les entreprises en difficulté à se déclarer candidates à leur reprise, tout en effaçant leur passif auprès des créanciers, notamment l'Urssaf et le fisc.
En face de l'actuel actionnaire, un duo d’entrepreneurs composé d'Emmanuelle Gautier et François Huon, à travers leur société Motus. Elle envisage la reprise des activités moteur et électronique en conservant l'usine normande d'Esson ainsi que 37 postes (sur 160) dans l’électronique à Sully, soit 275 postes conservés. Elle ne reprendrait pas le site normand. Motus doit encore apporter des garanties sur un apport d'un million d'euros d'ici l'audience du 2 octobre.
Du côté des salariés, le comité social et économique central d'Inteva a rejeté les deux propositions de reprise, selon Stéphane de Zutter, secrétaire du CSE.
Confronté aux baisses de volumes de l'industrie automobile en France, Inteva a déjà supprimé 170 emplois sur ses trois sites français depuis 2018. Une trentaine de postes ont été supprimés sur les trois sites depuis l’ouverture de la procédure judiciaire en juin.



