"Nous devons être au rendez-vous le 11 mai", déclare Catherine Guillouard. La PDG de la RATP assure que l’entreprise est mobilisée depuis l’annonce (tardive, le 28 avril) des nouvelles règles en vigueur dans les transports : distanciation sociale et port du masque obligatoire. "Nous sommes lancés dans une course contre la montre", commente-t-elle lors d'une audition par les sénateurs ce 6 mai.
Néanmoins, le plan de transports n’est pas encore totalement calé au 6 mai, pour la simple et bonne raison que le décret fixant les modalités du déconfinement n’est pas encore paru. "Nous attendons le cadrage définitif de l’Etat", a expliqué Catherine Guillouard.
Impossible d'assurer la distanciation partout
Le principal sujet d’inquiétude, pour la patronne de la RATP ? La gestion des flux de voyageurs, dans les stations, bus et rames de métros, RER et tramways. "C’est la grande inconnue de ce 11 mai, les flux entrants dans le réseau". "On ne peut pas s’engager de façon permanente en tous points sur le respect des distances de sécurité en tous points du réseau", avertit la PDG, qui rappelle que la RATP gère l’un des réseaux les plus denses d’Europe, avec 12 300 arrêts de bus, 368 stations de métro et de RER, 184 arrêts de tram, et une flotte de 4 700 bus et 5 800 rames. "On ne pourra pas avoir de personnels dans chaque wagon", rappelle la PDG. Pour un respect absolu des règles de distanciation, il faudrait 15% de la fréquentation normale.

- 1.2165+5.8
27 Mars 2026
Gazole France HTT€/litre
- 109.03+7.78
2 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
- 2.1888+3.79
27 Mars 2026
Gazole France TTC€/litre
3 000 agents mobilisés
La RATP va mobiliser 3 000 agents (parmi lesquels des agents de sécurité) pour canaliser les flux à l’intérieur des stations. Mais elle aura besoin de renforts de forces de l’ordre pour gérer les entrées en amont, en surface. Au 6 mai, la RATP ne sait pas exactement combien de policiers seront mobilisés pour l’aider après le 11 mai. Trois scénarios différents sont donc sur la table, avec de 1 500 à 5 000 policiers en renfort. Dans tous les cas, il faut privilégier au maximum le télétravail et l’étalement des heures d’arrivée. La RATP se dit favorable à "un mécanisme de certificat accordé par les employeurs pour vérifier tranches horaires de déplacement". Ce qui permettrait de réserver les transports aux travailleurs aux heures de pointe.
Mais à Paris, la RATP s’engage déjà, quels que soient les renforts, sur une offre en forte hausse par rapport à la période du confinement, avec 75% de métros en moyenne (100% sur les lignes automatisées 1 et 14), 75% sur les lignes A et B du RER, et 75% de trafic également sur le réseau bus.
Le nettoyage, une "priorité stratégique"
Les voyageurs seront-ils au rendez-vous ? Catherine Guilouard dit avoir constaté une forte baisse de fréquentation dans les pays asiatiques après le confinement : "les recettes ont été divisées par deux", précise-t-elle.
Pour les rassurer, l’opérateur doit mettre le paquet sur le nettoyage des rames et stations. Le budget consacré au nettoyage passera de 90 millions d’euros en 2019 à environ 160 millions en 2020. Les métros et RER sont nettoyés deux fois plus souvent qu’avant la crise, le processus de désinfection des bus a été revu. "On travaille jour et nuit pour déployer la nébulisation sur l’ensemble des bus", annonce Catherine Guillouard.
Un millier de distributeurs de gel hydroalcoolique va être installé sur le réseau d’ici mi-juin (mais seulement une cinquantaine au 11 mai). La distribution de masques ne se fera qu’au début du déconfinement, en seulement en appoint, avec des stocks limités. Un million d’autocollants sont apposés sur les sièges et sur les sols des stations pour rappeler la nécessaire distanciation physique.
Plan d'économies
La RATP va-t-elle sortie affaiblie de cet épisode, après celui des grèves fin 2019 ? L’impact sur les résultats de l’entreprise en 2020 est évalué à 320 millions d’euros à ce stade. Un plan d’économies est lancé, mais il ne passera pas par des suppressions de postes. La RATP déclare disposer d’une trésorerie de 2,4 milliards d’euros début mai pour affronter la crise et ne pense pas recourir aux aides de l’Etat.



