Permettre aux aveugles de balayer l’environnement comme le ferait une personne voyante, et donc de pouvoir éviter poteaux, trous dans la chaussée, véhicules mal garés… Pour atteindre cet objectif, deux étudiants de l’école d’ingénieurs Esiea, Mohamed Bekhtaoui et Chahinez Cherifi, ont imaginé une paire de lunettes dotée d’une caméra et d’un lidar, une technologie de télédétection par la lumière, capable de discerner des mouvements et des distances précis en temps réel. L’information ainsi recueillie est décryptée et analysée par un outil d’intelligence artificielle intégré à une application pour téléphone mobile. L’utilisateur en prend connaissance soit vocalement, soit par vibration.
Selon les deux futurs ingénieurs, ces lunettes, équipées du strict nécessaire au guidage, seraient moins chères que les modèles grand public existants. Le projet Alhuda, dont le nom vient du terme arabe désignant un guide, est candidat au Grand Challenge des écoles d’ingénieurs organisé par L’Usine Nouvelle, dans la catégorie Innovation et santé.
Un premier prototype avant l'été
«Quand je vois un aveugle se déplacer avec sa canne, je suis touché d’observer que ça semble compliqué, qu’il marche lentement», explique Mohamed Bekhtaoui. Même sensibilité chez Chahinez Cherifi, émue par un non-voyant en difficulté dans un centre commercial et à la recherche d’un arrêt de bus. «Nous avons donc interrogé une personne aveugle pour mieux comprendre ses besoins», relate la jeune fille.
Les lunettes seront reliées à un logiciel de reconnaissance de caractères pour être en mesure de lire une information écrite. Le GPS retenu pour compléter le dispositif devrait être un outil grand public, probablement Google maps, déjà largement connu des utilisateurs. Le premier prototype est espéré avant l'été par les deux étudiants.



