La capacité des écoles et des universités réduite de moitié. Dans un communiqué publié lundi 5 octobre matin, la ministre de l'Enseignement Supérieur Frédérique Vidal a annoncé la mise en place d'"une jauge pour tous les espaces d’accueil (espaces d’enseignement, espaces de restauration, bibliothèques universitaires) à 50 % au plus de leur capacité nominale”, effective dès ce mardi 6 octobre. La capacité d'accueil des établissements d’enseignement supérieur est ainsi plafonnée à la moitié des capacités normales dans les zones d’alerte renforcée ou maximale, comme Paris et Marseille (Bouches-du-Rhône).
Situation préoccupante dans l'enseignement
Cette annonce fait suite à plusieurs situations préoccupantes dans les écoles. Centrale Lyon, Télécom Physique Strasbourg ou encore l’INSA Toulouse ont dû fermer leurs portes suite à un nombre de cas préoccupants de COVID-19. Dans son dernier bilan hebdomadaire daté du 28 septembre, Santé Publique France réalise un "focus sur les clusters en milieu scolaire et universitaire". L'Agence nationale de santé y dénombre 550 clusters depuis la rentrée. Les régions les plus touchées sont l’Île-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie. Parmi ces foyers, 46 % se sont déclenchés dans l'enseignement secondaire et 33 % dans le supérieur.
Des mesures anticipées
Au sein des écoles, ces nouvelles mesures gouvernementales n’ont pas insufflé de vent de panique. “Nous évoluons déjà à environ 50 % de notre capacité d’accueil depuis le début de l’année, compte tenu des règles de distanciation sociale en vigueur et des cours à distance mis en place”, révèle Joël Courtois, directeur de l’école spécialisée dans le numérique EPITA, installée à Paris et en région.
Le son de cloche est le même du côté de l’ESILV, située sur le pôle universitaire Léonard de Vinci dans le quartier de La Défense. Suite au confinement qui a obligé les écoles à fermer et passer en distanciel à partir de mi-mars, l’ESILV a décidé d’investir dans un dispositif qui permet à une partie des étudiants d’être en présentiel et l’autre en distanciel lors de travaux dirigés et travaux pratiques.
“C'est en partie grâce à cela que nous avons maintenu l’accueil sous les 50 %, explique le directeur de l’école Pascal Brouaye. Mais c’est un investissement d’ampleur : dalles sonores HD incrustées dans le plafond pour diminuer les bruits de fond, caméra qui suit l’enseignant.” Avec une moyenne de 15 000 euros par salle, cette installation a coûté environ 1 million d’euros à l’établissement.
Si les annonces du ministère de l'enseignement supérieur ne semblent pas poser de problèmes majeurs en termes d’organisation de ces écoles, elles sont plus dérangeantes pour les étudiants, qui en plus de l’adaptation des enseignements ne peuvent pas mener leurs activités associatives ou extra-scolaires de la même manière que les autres promotions. Une autre singularité pour la génération COVID.



