De l'homéopathie aux arômes alimentaires : Boiron cède une usine à Prova

Le laboratoire pharmaceutique Boiron a trouvé un repreneur pour son usine de Montrichard (Loir-et-Cher), fermée depuis décembre 2021. Prova, un fournisseur d'arômes et d'ingrédients pour l'industrie agroalimentaire, se dote ainsi d'un deuxième site dans lequel il va investir 18 millions d'euros. 

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Site Boiron Montrichard
Le laboratoire pharmaceutique Boiron a trouvé un repreneur pour son usine de Montrichard (Loir-et-Cher).

Le laboratoire pharmaceutique Boiron est parvenu à vendre son usine de Montrichard (Loir-et-Cher), ex-Dolisos, à l'entreprise familiale Prova, spécialiste des arômes et ingrédients pour l'industrie agroalimentaire et les métiers de bouche, qui a réalisé 110 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021. La transaction sera finalisée début mai. Les deux parties ne communiquent pas sur le montant de la cession.

Prova compte d'abord délester le stockage de son usine située à Autry-sur-Juine, dans le département voisin du Loiret, où travaillent 135 des 300 salariés de cette PME présidée par Muriel Acat, petite fille du fondateur. Dans un second temps, dès le deuxième semestre, des travaux seront lancés pour relancer la production au printemps 2023. L'industriel a budgété un investissement de 18 millions d'euros pour équiper l'usine en extracteurs, en cuves, et lignes de conditionnement. «Les standards et les niveaux d'hygiène de la pharmacie et de l'agroalimentaire sont assez proches, l'usine a été bien entretenue, mais il faut l'aménager avec nos propres machines», explique Muriel Acat, qui veut dédier sa nouvelle unité aux productions spécifiques, alors que l'usine du Loiret conservera les gros volumes de vanille, chocolat, café, caramel...

Une vingtaine de salariés Boiron à reclasser

Face à la croissance de ses ventes partout dans le monde, ce fournisseur de Nestlé, Danone et Poulain entre autres a besoin de muscler son outil industriel. «Nous répondons à une demande de nos assureurs et de nos clients sur notre plan de continuation d'activité en cas d'incident sur notre site historique du Loiret», ajoute Muriel Acat, qui travaille à la création d'un atelier de mélanges en Thaïlande pour servir ses clients en Asie, ce qui constituera la troisième usine de Prova.

Pour s'adapter au déremboursement des médicaments homéopathiques, Boiron avait annoncé la fermeture de cette usine en 2019. Elle avait obtenu un sursis en produisant du gel hydroalcoolique. Sur les 69 salariés du plan de sauvegarde de l'emploi, 2 ont muté à Messimy (Rhône), une vingtaine ont pris leur retraite, une vingtaine ont trouvé du travail ou une formation. Il reste une dernière vingtaine de salariés en phase de reclassement.

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