Gestionnaire du réseau public de transport d'électricité haute tension en France métropolitaine, RTE engage les premières étapes clés d’un vaste chantier de rénovation et de développement du réseau électrique de l’ensemble des axes desservant le secteur de la Vallée des Nestes (Neste, Aure et Louron) dans les Hautes-Pyrénées. Un programme estimé à plus de 200 millions d’euros, qui devrait s’échelonner jusqu’en 2030. Deux tranches de travaux sont prévues.
La première tranche (pour 110 millions d’euros), en cours de réalisation, porte notamment sur la création d’un poste de transformation dénommé «Aure» à Arreau dont les travaux de génie civil se sont achevés fin 2023. Le futur poste a pour particularité d’être sous enveloppe métallique pour réduire l’emprise au sol. «Son insertion paysagère a été particulièrement soignée avec une architecture locale privilégiant les toits en ardoise et les parements en brique» précise Dominique Millan, directeur développement et ingénierie chez RTE Sud-Ouest. En 2024, l’installation de deux transformateurs 225/63 kV de 173 tonnes chacun est prévue dans ce nouveau poste, qui devrait être opérationnel fin 2026.
En parallèle, les travaux de déroulage de 175 km de câbles souterrains en remplacement de lignes existantes, datant de 1920, commenceront en mai 2024 pour une durée d’environ 14 mois. Deux passerelles «sur mesure» seront installées fin 2024 sur les communes de Sarrancolin et de Cadéac pour maintenir les câbles au-dessus de la rivière Neste tandis qu’un micro-tunnelier entrera en action mi-mai 2024 pour construire un tunnel de 2 mètres de diamètre, à 15 mètres de profondeur sous la Neste au niveau de Sarrancolin.
Absorber la totalité de la production hydroélectrique
La deuxième tranche concerne plus spécifiquement les Vallées d’Aure et du Louron. «Nous allons réhabiliter les lignes existantes en les modernisant et en simplifiant le réseau. Il est cependant encore trop tôt pour préciser les détails de ces travaux: les études techniques et environnementales ne sont pas finalisées», souligne Dominique Millan.
Au final, à l’horizon 2030, les infrastructures permettront d’évacuer la totalité de la production hydroélectrique provenant des Hautes-Pyrénées (évaluée à 170 MW) dont seulement 30 à 40 mégawatts sont consommés dans la vallée à l’heure actuelle. RTE sera également en mesure d’accueillir les nouvelles productions induites par les énergies renouvelables et ainsi répondre au Schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables Occitanie (S3REnR). «Ces investissements vont également nous permettre de rendre les installations résilientes aux évolutions climatiques tout en optimisant l’impact environnemental, sachant qu’il ne restera plus que 50kilomètres de lignes aériennes contre 160km aujourd’hui» ajoute le directeur de développement.



