Dans la campagne sarthoise, près de Theligny, de drôles de tipis blancs attirent l'attention. Plantées au milieu d'un terrain 23 hectares, ces installations font partie du projet lancé par l'industriel de la charcuterie Fleury Michon et l'entreprise d'élevage de porcs Vallégrain.
Depuis 2018, les deux sociétés se sont alliées à 50-50 dans une firme commune : Vallégrain Développement avec un objectif: développer l'approvisionnement porcin bio en France.
Respect du bien-être animal
Le projet de Théligny, à une cinquantaine de kilomètres du Mans (Sarthe), est la première réalisation de Vallégrain Développement. Il a nécessité deux ans de développement et deux millions d'euros d'investissement. Cette somme a notamment servi à l'élaboration des tipis posés sur le champ. "Nous avons reçu notre brevet le 1er décembre 2020", se félicite Francis Leveau, le fondateur de Vallégrain.

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Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Ces abris, de 150 kilos chacun, peuvent être déplacés par les truies au gré de leurs besoins: "Ce sont des cabanes monocoques qui permettent aux porcs de mettre bas en toute tranquillité", explique l'un des salariés de l'exploitation. Au total, 250 porcelets naissent dans l'exploitation tous les quinze jours, soit plus de 6 000 par an.
Caboche EURL Quand elles ne sont pas à l'extérieur, les 220 truies de l'élevage profitent d'un bâtiment de 800 mètres carrés, divisé en trois zones : l'espace de consommation, la zone paillée et la courette extérieure. "Au total, cela leur donne à chacune un espace supérieur aux 2,5 mètres carrés réglementaires en bio", explique Francis Leveau.
Se fournir en porcs français
L'ensemble des volumes de porcs élevés à Théligny est absorbé par l'industriel vendéen : "Nous transformons 100% des jambons et de la longe provenant du projet de Théligny", confirme Gérard Chambet, directeur général des opérations chez Fleury Michon.
Ce nouvel approvisionnement doit permettre à Fleury Michon de diversifier sa source d'approvisionnement pour le porc bio.
A l'heure actuelle, le groupe, qui a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de 746 millions d'euros, se fournit essentiellement au Danemark. "En effet, l’offre en porc bio français était, ces dernières années, fortement déficitaire. Il n'y a, actuellement, pas assez de porcs bio en France pour faire face à la demande des consommateurs", explique Gérard Chambet.
Caboche EURL Le projet de Théligny doit également servir de pilote pour inciter d'autres exploitants à suivre le même modèle, notamment grâce à une contractualisation à long terme avec les éleveurs.
"A terme notre objectif est de développer une filière française", ajoute Gérard Chambet. Fidèle à sa stratégie de développement en "archipel", le groupe de charcuterie veut être capable de répondre aux attentes des Français en termes de made in France et de bio. Même si les jambons bio coûtent, en moyenne 2,5 fois plus cher que les charcuteries traditionnelles.



