Géochanvre, concepteur et fabricant de toiles en fibres naturelles de chanvre cultivé en Bourgogne, va investir 24,3 millions d'euros dans l'extension de son site de Lézinnes (Yonne).
Quatre millions d'euros seront consacrés à la construction d'un nouveau bâtiment de 2000m². Sa construction débutera début 2025. Le reste de l'enveloppe permettra de financer l'équipement d'une nouvelle ligne de production, qui comprendra des machines textiles pour les matériaux non-tissés végétaux.
«Depuis quatre ou cinq ans nous avions ce projet en tête, car nous utilisons des machines d’occasion que nous avons détourné de leur utilisation première», explique Frédéric Roure, président de Géochanvre. L’entreprise aux 16 salariés s’est donc tournée vers le fabricant de système de production Andritz pour s'équiper de machines de production dédiées aux fibres végétales en général et au chanvre et au lin en particulier. La future ligne devrait entrer en activité en 2026 et s’accompagner d’une dizaine de recrutements.
Des clients de plus en plus regardants
Avec cette nouvelle ligne, Géochanvre prévoit de multiplier par dix ses capacités de production, passant de 2 à 20 millions de mètres carrés de toile végétale par an. «Le secteur agricole et les espaces verts représentent 80% de notre chiffre d’affaires de 2,5millions d’euros. Nos toiles végétales sont utilisées pour protéger les plantations, par exemple», précise le dirigeant. L'augmentation des volumes permettra de faire baisser les prix pour rendre ces productions plus accessibles aux agriculteurs.
Frédéric Roure croit en l'avenir des solutions biosourcées comme alternatives au plastique. «Nos toiles végétales peuvent remplacer le plastique dans le conditionnement et l’emballage», insiste-t-il. Ces matériaux peuvent aussi être utilisés dans des infrastructures routières comme les pistes cyclables, la signalisation, mais aussi les installations de chantier. «Nos toiles servent également dans les moquettes pour des salons. Pourquoi mettre du plastique dans des utilisations qui ont vocation à être temporaires et qui seront donc jetées ?», interroge Frédéric Roure qui veut développer des solutions plus écologiques.



