A fond la gomme : L'ETI Alland & Robert souffle sa 140e bougie et se refait une beauté. L’industriel spécialiste de la gomme d’acacia, un additif alimentaire qui officie comme agent de texture, a inauguré le 6 février une toute nouvelle ligne de production sur son site de Saint-Aubin-sur-Gaillon (Eure). La ligne va permettre au groupe d’augmenter de 50% sa capacité de production soit 30 000 tonnes au total. De quoi créer 25 nouveaux postes et approcher la barre des 100 employés sur site : 10 postes restent à pourvoir en ce début février en raison des difficultés de recrutement.
La gomme d’acacia, souvent fichée «E414» sur les emballages alimentaires, est très majoritairement destinée à des usages agroalimentaires, même si l'ETI espère s’étendre dans les cosmétiques. Elle fait office de stabilisant dans les sodas sans sucre, elle peut servir d’agent de liaison dans les barres de céréales, en lieu et place par exemple du sirop de glucose. Enfin, elle peut aussi permettre par exemple de neutraliser les goûts indésirables des produits édulcorés…
14 millions d'euros investis sur la nouvelle ligne
«Avec 86 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023, notre entreprise est en forte croissance depuis 15 ans, confie le patron des lieux, Charles Alland, représentant de la «sixième génération» à la tête de l’entreprise. Cela nous permet d’investir massivement sur l’innovation, la formation et la transition énergétique.» Il y a de ça dans la mise en service de cette nouvelle ligne, qui double la surface de production du site, et ces 14 millions d’euros d’investissements – 11 avaient été initialement budgétés mais la facture a finalement grimpé du fait de «dérapages liés à la guerre en Ukraine». On devine que le coût du crédit n’a pas aidé alors que l’investissement a été effectué à moitié sur fonds propres.
La nouvelle ligne «va permettre de respirer un peu», dixit Charles Alland, alors que le site était arrivé à saturation. Un nouveau processus d’atomisation, cette étape qui transforme la gomme en granules et lui donne l'aspect d'une poudre, permet d’améliorer les propriétés texturantes de l’additif et faciliter sa dissolution dans l’eau. Surtout le processus a été électrifié au maximum et le travail d’atomisation s’effectue désormais à 140 degrés, contre 200 auparavant, ce qui a permis de réduire de plus de 50% les émissions liées à la production de la gomme.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Un approvisionnement a pérenniser face aux défis géopolitiques
Alland & Robert espère d’ailleurs recevoir une validation de sa trajectoire de réduction des émissions de carbone par le SBTI, le label référent en la matière, dans les prochains mois, et ambitionne déjà une réduction de 20% de ses émissions par tonne produite sur l’ensemble de ses périmètres (Scope 1 à 3) d’ici 2025. Le nouveau procédé aurait d’ailleurs nécessité des investissements industriels plus importants que pour la production d’une gomme classique.
Le groupe, qui effectue 95% de son activité à l’export, prépare ainsi l’avenir tout en sécurisant le présent. En effet, 70% de l'approvisionnement en matière première de l'entreprise vient du Soudan, désormais affecté par la réduction du transit maritime en mer Rouge et nécessaire pour acheminer la gomme. «Etre là depuis 140 ans nous a permis de construire des liens étroits avec de nombreux fournisseurs, détaille Charles Alland. Les produits et matières premières circulent dans le pays et atteignent les ports : nous prenons des risques, avançons des millions d’euros aux fournisseurs pour sécuriser la matière première. En Mer Rouge le prix du fret a doublé et met deux fois plus de temps.» Le groupe essaie de développer les filières et ses approvisionnements dans les autres pays de la bande sahélienne.



