Le port de Port-La-Nouvelle (Aude) continue sa transition vers les énergies renouvelables. La Semop PLN, concessionnaire du port pour la région Occitanie, et Hoëgh Evi, opérateur norvégien spécialiste des infrastructures énergétiques flottantes, vont étudier la faisabilité et la conception d’une solution d’infrastructure flottante pour importer de l’hydrogène au large du port.
Selon le président d’Hoëgh Evi Erik Nyheim, Port-La Nouvelle est «idéalement positionné pour devenir un point d’entrée clé pour l’hydrogène et les carburants bas-carbone». Hans Kerstens, directeur général de la Semop PLN, précise à L’Usine Nouvelle que «l’étude de faisabilité, confiée à un prestataire, devrait durer une année ; nous en partageons le coût».
Les partenaires envisagent l’arrivée de 210000 tonnes d’hydrogène par an, importées du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Amérique, à l’horizon 2030. «Cela dépendra du développement de l’hydrogène français», mesure Hans Kerstens. Le port va développer ses connexions pour l’hydrogène : en octobre, la région, DEME et Euroports, actionnaires de la Semop, ont signé un accord avec l’opérateur de gazoducs Teréga.
Porteur du projet transport d’hydrogène HySoW (Hydrogen South West Corridor) de 650 km de canalisations, Teréga voit en Port-la-Nouvelle «un hub incontournable pour l’hydrogène bas-carbone et le CO2». Le port sera aussi une terre de production d’hydrogène, avec l’usine Hyd’Occ du groupe montpelliérain Qair (actionnaire de la Semop). Sa mise en service est annoncée fin 2025 et elle produira dans une première phase près de 3000 tonnes d’hydrogène par an par électrolyse de l’eau, afin d’alimenter la mobilité lourde et l’industrie.
Un «hub» pour l’hydrogène et l’éolien en mer
«Nous voulons faire de Port-la-Nouvelle le hub européen des énergies renouvelables en Méditerranée.» Cette ambition, la présidente de la région Carole Delga l’a présentée le 4 décembre au coordinateur du corridor méditerranéen du Réseau de Transport Européen (RTE-T) Mathieu Grosch.
Outre l’hydrogène, l’éolien offshore flottant est largement exploré. Au large vont s’installer les deux fermes pilotes des consortiums Eolmed et EFGL, dont les composants arrivent peu à peu sur le port. Les éoliennes seront assemblées et mises en mer en 2025. Deux fermes commerciales de 250 MW et 500 MW sont ensuite programmées entre 2031 et 2034. Ces projets ont entraîné de grands chantiers, faisant passer la surface portuaire de 60 à 220 hectares.
La région a financé une étape de 240 millions d’euros pour créer deux digues et le terre-plein d’accueil des fermes pilotes. La Semop a pris le relais à partir de 2021 avec un programme chargé de 350 millions d’euros hors taxes. Un grand «môle vert» pour l’éolien sera livré mi-2026. Seront aussi opérationnels au deuxième trimestre 2026 un terminal vracs secs et un premier poste navire (sur quatre possibles) pour les vracs liquides, pétroliers et non-pétroliers. Enfin, la région Occitanie va renforcer la connexion ferroviaire du port de 4,8 kilomètres de rails, un investissement calibré à 15 millions d’euros qui serait opérationnel fin 2026.
Le coordinateur Mathieu Grosch semble convaincu de la qualité des projets. «C’est un hub d’avenir avec de l’énergie, des interconnexions. Ce hub est à prendre plus en considération. Il peut peut-être entrer comme projet-pilote dans le RTE-T. C’est cela que l’on va soumettre à la Commission européenne.»



