Daher obtient un prêt garanti par l'Etat de 170 millions d’euros et va réduire la voilure

L’avionneur et équipementier aéronautique a obtenu un prêt garanti par l’Etat de 170 millions d’euros. Cela n’empêchera pas le groupe de lancer un plan pour s’adapter à la baisse de charge qui touche tout le secteur.

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Fabrication d'avions d'affaires chez Daher Socata, à Tarbes
Malgré les aides du gouvernement, Daher va devoir réduire la voilure en matière d'emplois. Et il ne sera pas le seul...

La survie à court terme est assurée. En annonçant jeudi 18 juin avoir obtenu un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 170 millions d’euros auprès de ses partenaires financiers, Daher peut souffler. L’avionneur, équipementier et logisticien français sécurise ainsi ses besoins en trésorerie alors même que le groupeassiste - comme tous les acteurs de la filière aéronautique - à un effondrement des cadences de production d’avions, en raison de la pandémie.

Après le sous-traitant aéronautique Mecachrome, qui a obtenu fin mai un PGE de 60 millions d’euros, c’est donc au tour de Daher, fournisseur entres autres d’Airbus et de Dassault Aviation, de bénéficier de ce dispositif. L’entreprise française a bénéficié des conseils de la banque Rotschild & Co pour mener à bien cette opération. Elle tombe à pic : l’impact de la crise liée au Covid-19 devrait s’élever cette année pour le groupe familial entre 300 et 400 millions d’euros, à comparer aux 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires généré en 2019.

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Réduction de la voilure

L’obtention de ce PGE n’empêchera pas Daher de passer par la case, délicate, d’un plan d’adaptation. En clair : l’équipementier s’apprête dans les prochains jours à lancer les négociations avec les partenaires sociaux en vue d’un plan de restructuration. Il ne devrait d’ailleurs être que le premier acteur d’une longue série à venir dans un secteur très touché par la crise. Malgré les différentes mesures gouvernementales, plusieurs autres groupes aéronautiques d’envergure pourraient dans les prochains mois lancer à leur tour des plans sociaux, d’après de nombreux témoignages recueillis par L’Usine Nouvelle.

Quel sera l’impact social chez Daher ? Jusqu’à 3 000 emplois, sur les 10 000 salariés du groupe, pourraient être touchés, selon un communiqué publié en avril par la CFDT. Une évaluation basée sur la baisse de charge comprise entre 30 et 40%, directement liée aux baisses de cadences d’Airbus. Le PGE obtenu ainsi que le possible maintien dans la durée des mesures d’activité partielle pourraient réduire l’ampleur des postes supprimés, sans oublier les départs volontaires et ceux en pré retraite.

Avec ce PGE, Daher espère également continuer la mise en œuvre de son plan de transformation « Succeed Together », lancé début 2018 et courant jusqu’en 2022. Mais l’avenir du groupe pourrait dépasser son actuel périmètre. Alors qu’il a acquis l’an dernier l’avionneur américain Kodiak, Daher pourrait jouer un rôle actif dans la consolidation du secteur appelée à s’accélérer en raison de la crise actuelle, d’après nos informations. Si ses effectifs risquent de se contracter, le groupe n’en demeure pas moins offensif.

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