Sa mission ? Déployer l’intelligence artificielle au sein de Daher. Une gageure, car si elle commence à être mise en œuvre dans l’automobile, l’IA n’a pas encore trouvé sa place dans les rouages de l’industrie aéronautique.
"L’idée est de comprendre comment exploiter ce nouvel outil pour aller chercher de la rentabilité et de l’efficacité opérationnelle, détaille Chloé Matte, 32 ans, développeur solutions en IA. Par rapport aux modèles classiques, il permettra de recouper les données avec des facteurs externes comme la météo et le trafic routier, jusque-là ignorés."
Une implémentation qui va s’appuyer sur ce que l’avionneur et équipementier met déjà en pratique depuis 2019 dans le cadre de la logistique d’Iter, dont il a la charge. Le modèle, fondé sur du machine learning, est capable de créer ses propres règles. "L’objectif désormais est de transférer ce modèle pour nos propres activités de stockage de pièces, en particulier pour le TBM, prévoit Chloé Matte. Nous pourrions à terme envisager de le mettre en œuvre pour la logistique de nos clients." Airbus finira-t-il par en bénéficier ?
Pour concrétiser cette rupture, Daher n’est pas allé chercher un expert en IA, privilégiant un profil bon connaisseur des besoins plus que de la solution : passée par Polytechnique, Chloé Matte a commencé sa carrière chez Accenture dans la logistique, en mission pour Airbus Helicopters. Elle va effectuer cette année une formation de trois mois dédiée à l’IA, via l’organisme Vivadata. L’étape d’après selon elle ? Utiliser l’IA directement dans les process de production du groupe. Le site de Saint-Julien-de-Chédon (Loir-et-Cher) est en train de tester cette possibilité. À Chloé Matte également de former les opérationnels pour qu’ils s’emparent de l’IA pour en faire un outil d’assistance. Un défi tout aussi important.



