Equipementier d'Airbus et Boeing, Mecachrome lève 50 millions d’euros et lance son plan de transformation

L’équipementier aéronautique Mecachrome a levé 50 millions d’euros auprès de ses actionnaires et obtenu un prêt garanti par l’Etat de 60 millions d’euros. De quoi financer un vaste plan de modernisation du groupe.

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Entre levée de fonds et prêt garanti par l'Etat, Mecachrome peut espérer lancer son plan de transformation et traverser la crise qui s'amorce dans le secteur aéronautique.

Cette fois encore, les actionnaires sont au rendez-vous. Mecachrome a annoncé mercredi 27 mai avoir finalisé une levée de fonds de 50 millions d’euros auprès de ses actionnaires historiques. A savoir : le fonds d'investissement ACE Management (filiale de Tikehau Capital), le Fonds de solidarité FTQ et la Banque publique d'investissement Bpifrance. En parallèle, le groupe a obtenu auprès de ses banques un Prêt Garanti par l’Etat (PGE) pour sécuriser ses besoins de trésorerie avec un financement de 60 millions d’euros. Soit un total de 110 millions d’euros pour maintenir le groupe à flot.

Le spécialiste de la fabrication de pièces mécaniques complexes destinées aux structures d’avions et aux moteurs aéronautiques et automobiles retrouve un peu d'oxygène. "Les 50 millions d’euros levés vont nous fournir les fonds propres nécessaires pour lancer notre plan de transformation qui devait être annoncé juste avant l'épidémie de coronavirus, explique Christian Cornille, le PDG de Mecachrome. Nous allons pouvoir reprendre des positions fortes sur nos marchés, spécialiser nos sites et moderniser nos usines."

Aujourd’hui, Mecachrome emploie 2 800 salariés au sein de 13 usines dans le monde, avec pour clients les plus grands noms de l’aéronautique tels qu’Airbus, Boeing, Safran ou bien encore Rolls Royce.

Une dette replanifiée

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Quant au prêt garanti par l’Etat, il va permettre à Mecachrome de traverser la crise profonde qui s’abat sur le secteur aéronautique. "Notre chiffre d’affaires s’est écroulé de 50% au mois d’avril, affirme Christian Cornille. Et nous prévoyons une baisse du chiffre d’affaires comprise entre 30 et 40% de manière durable, durant une période d’au moins deux ans." Une baisse de charge que le groupe, qui a engrangé un chiffre d’affaires de 376 millions d’euros en 2019, espère encaisser grâce à ce coup de pouce financier.

Au passage, au vu de l’intensité de la crise, l’équipementier a obtenu de ses partenaires bancaires une replanification de sa dette, d’environ 130 millions d’euros. Un soulagement alors que tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement ont massivement investi pour soutenir des hausses de cadences de production impulsées par les grands donneurs d’ordre dont les objectifs initiaux semblent désormais remis aux calendes grecques.

En 2008 déjà, au bord de la faillite, Mecachrome avait été sauvé par les investisseurs qui sont aujourd’hui encore ses trois actionnaires historiques. Alors que l’équipementier connaissait enfin une croissance régulière dans le courant des années 2020, sa vente fin 2017 finalement avortée a déstabilisé le management, selon l'aveu même du PDG actuel. Puis le groupe s’est trouvé confronté à deux déconvenues industrielles difficiles à prévoir : l’arrêt de la production de l’Airbus A380 pour lequel Mecachrome livrait de grands ensembles à Stelia, ainsi que la crise du Boeing 737 MAX... qui représentait à lui seul 10% du chiffre d’affaires de l’équipementier français.

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