TotalEnergies a déjà avancé sur la décarbonation de ses cinq raffineries françaises. Dans le cadre de son contrat de transition écologique signé le 22 novembre, le groupe pétrolier s’engage à réduire de moitié d’ici 2030 les émissions de CO2, sur les scopes 1 et 2, de ses sites français, qui avoisinaient 10 millions de tonnes de CO2 en 2018. Une partie du chemin a déjà été faite. Depuis 2015, les raffineries de Gonfreville (Seine-Maritime), de Donges (Loire-Atlantique) et Feyzin (Rhône) et ses deux bioraffineries de La Mède et Grandpuits ont réduit d’ores et déjà de 30 % leurs émissions, selon les calculs du groupe.
Pour y parvenir, le groupe a lancé plusieurs projets pour renforcer son approvisionnement en hydrogène renouvelable. L’hydrogène, jusqu’ici produit à partir d’énergies fossiles, est utilisé lors du raffinage pour éliminer les impuretés, notamment le soufre, présentes dans le pétrole brut. En septembre, le groupe a validé avec Air Liquide un accord d’approvisionnement jusqu’à 15 000 tonnes d’hydrogène décarboné après 2026 pour sa plus grande raffinerie français à Gonfreville, qui représente 12 % des capacités de raffinage de l’Hexagone. Un autre partenariat, signé aussi avec Air Liquide, vise à produire pour la bioraffinerie de Grandpuits de l’hydrogène en recyclant le biogaz résiduel produit par la raffinerie. Un autre projet est mené avec Engie pour approvisionner la bioraffinerie de la Mède.
128 millions de dollars pour l'efficacité énergétique des raffineries françaises en 2023 et 2024
Le groupe estime que l’hydrogène vert devrait lui permettre d’économiser 5 millions de tonnes d’émissions de CO2 d’ici 2030 pour l’ensemble de ses huit raffineries européennes. Il vient par ailleurs de lancer en septembre un appel d’offres pour remplacer 500 000 tonnes d’hydrogène gris supplémentaires par de l’hydrogène issu d’énergies renouvelables pour tous ses sites européens.
Autres pistes plus immédiates : TotalEnergies mise sur l’amélioration de l'efficacité énergétique de ses raffineries. Un plan d’investissement d’un milliard d’euros sur 2023 et 2024 au niveau mondial devrait lui permettre d’économiser un million de tonnes d’émissions de CO2 par an, selon le pétrolier. Près de 128 millions de dollars (environ 110 millions d'euros), notamment, devraient être investis dans les complexes français. Le groupe électrifie aussi progressivement ses installations. Cela ne suffira pas à éliminer toutes les émissions directes des raffineries. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, «le résiduel d’émissions devra être intégralement compensé avec des puits de carbone naturels», souligne le groupe.



