A Burlats, dans le Tarn, le petit atelier de tricotage de Myriam Joly, Atelier Joly, a entendu l'appel de la DGE (Direction générale des entreprises) de soumettre à la DGA (Délégation générale de l'armement), en charge de s'assurer des bonnes performances des produits, des solutions alternatives pour venir en renfort des fabricants de masques FFP2 et chirurgicaux.
"Nous avons une expérience de la confection en complément de nos produits maille, les machines et la matière première requise", témoigne Myriam Joly. "Nos équipes se sont très vite mobilisées autour d'un projet fédérateur et généreux pour contribuer à notre petite échelle à l’effort national."
Missegle Deux premiers modèles en cours d'évaluation à la DGA
En quelques jours, deux premiers prototypes ont été mis au point. Le premier a été conçu conformément à un modèle proposé sur son site par les équipes du CHU de Grenoble (Isère). Il s'agit d'un masque en coton tissé avec un système de fixation élastique. L’intérieur est doublé avec du polyester. Ces masques sont lavables à haute température et donc réutilisables. Son évaluation est en cours à la DGA. Le second est un modèle tricoté, dont l'idée a été impulsée par le fournisseur japonais de machines à tricoter Shima Seiki. "Il est fabriqué à l’aide d'une machine à tricoter 3D de dernière génération", précise Myriam Joly. En coton avec doublure intérieure, ce modèle est également lavable à haute température. La société a envoyé un premier échantillon à un laboratoire belge spécialisé dans les mesures bactériologiques.
Missegle Une production de 500 masques par jour
Sans attendre leur homologation par la DGA, la société tarnaise a lancé la production sur ses machines à coudre utilisées habituellement pour la partie confection de ses productions du modèle proposé par le CHU de Grenoble, qui a déjà fait ses preuves ailleurs. Quatre salariés sont mobilisés à temps plein pour produire environ 500 masques par jour, déjà tous commandés par des industriels de la région pour protéger leurs personnels de production, notamment des entreprises de l'agroalimentaires. "Nous avons aussi été sollicités par les réseaux locaux de services à la personne et par des Ehpad", souligne Myriam Joly, avant d'ajouter : "nous nous sommes engagés à reverser l'intégralité des recettes des ventes de masques à l’Institut Saint-Jacques à Toulouse, la fondation du CHU de Toulouse, afin de soutenir la recherche."
En parallèle, la société, qui réalise 70 % de son chiffre d'affaires en vente directe (grâce à son site de ventes en ligne) continue à produire ses pulls et chaussettes, même si la production a nettement ralenti ces derniers jours. "Nous avons enregistré un coup de frein sur les commandes", reconnaît Myriam Joly, "mais nous avons encore des clients à fournir et nous devons préparer notre collection et nos stocks pour l'hiver 2020-2021".
Missegle Sur les 35 salariés de l'entreprise, plusieurs sont passés en télétravail et d'autres sont en arrêt pour garder leurs enfants ou pour raison de santé, 21 continuent à prendre chaque jour le chemin de l'entreprise. L'Atelier Joly, plus connu sous le nom de sa marque commerciale Missegle, a réalisé 5,3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2019.



