La campagne vaccinale semble s’accélérer en France. D’après un point d’étape ce 12 janvier par des représentants de la task force vaccins du ministère des Solidarités et de la Santé, plusieurs indicateurs attestent d’une accélération de la stratégie vaccinale sur le territoire.
Plus de 140 000 personnes vaccinées
Au soir du 11 janvier 2021, plus de 140 000 personnes avaient été vaccinées en France, avec le vaccin Pfizer-BioNTech. Selon un porte-parole, environ "110 000 professionnels de santé et 34 000 résidents d’établissements spécialisés ont déjà, en cumulé, été vaccinés". Parmi les professionnels de santé sont comptabilisés également les médecins libéraux, les pompiers et aides à domicile de plus de 50 ans ou avec des risques de comorbidité.
Si le chiffre des résidents en Ehpad vaccinés demeure encore faible, le porte-parole assure que les "livraisons montent en puissance" et que le "nombre de vaccinés dans ces établissements va monter en flèche à partir de la semaine prochaine". Le ministère promet de délivrer des chiffres de l’évolution de la couverture vaccinale par région tous les soirs, dès le 12 ou le 13 janvier.
Plus de 300 centres de vaccination ouverts
L’ouverture des centres de vaccination s’accélère sur le territoire également. Au lieu des 100 centres prévus pour ouverture en fin de semaine dernière, un porte-parole affirme que 169 étaient alors en activité. Au 12 janvier, plus de 300 sont ouverts en France. Une carte précise doit être mise à disposition sur le site internet du ministère à partir du 14 janvier.
225 millions de doses
Selon le décompte du ministère, dans le cadre des attributions européennes de doses vaccinales à la France, 225 millions de doses pourraient être accessibles en 2021. Pour le vaccin Pfizer/BioNTech et celui de Moderna, les deux premiers sur le marché, le ministère s’attend, respectivement, à des réceptions globales de 49 millions et de 24 millions de doses.
Sous réserve des obtentions d’autorisation de mise sur le marché, le ministère prévoit aussi l’arrivée, échelonnée jusqu’à la fin de l’année, de 44 millions de doses du vaccin d’AstraZeneca et de l’Université d’Oxford, qui pourrait obtenir un feu vert européen toute fin janvier, d’au moins 33 millions de doses du vaccin de CureVac, de 30 millions de doses de celui de Janssen (Johnson & Johnson), et de 45 millions de doses du vaccin de Sanofi et GSK.
Tous nécessitent deux injections, sauf le vaccin Janssen, qui pourra se limiter à une seule injection. Ce qui permettrait à la France de pouvoir, en théorie, disposer de doses pour vacciner environ 127 millions de personnes.
Un faible taux de perte
Un taux de perte de l’ordre de 25 à 30% des doses avait été évoqué ces derniers jours par le gouvernement. Le ministère attend des statistiques plus fines du terrain, mais un porte-parole indique que "les fourchettes, assez larges" des taux de perte "seraient finalement assez faibles".
Le vaccin Moderna distribué partout en France fin janvier
L’arrivée du second vaccin, celui de Moderna, concerne principalement les régions à plus fortes tensions épidémiques. Le 10 janvier, le ministère avait désigné des livraisons limitées aux régions Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans les établissements de Mulhouse, Colmar, Strasbourg, Reims, Nancy, Metz, Lons-le-Saunier, Besançon, Dijon, Moulins, Nice et Toulon. Après ces 50 000 premières doses reçues, le ministère attend une montée en puissance dès les prochaines semaines et vise l’objectif d’une disponibilité de ce vaccin dans tous les départements à fin janvier.
Les grossistes-répartiteurs intégrés au circuit logistique
Le ministère confirme bien l’entrée en scène des grossistes-répartiteurs dans la campagne vaccinale. Ces spécialistes logistiques des approvisionnements de produits de santé en pharmacie, en mesure de livrer deux fois par jour les quelques 21 000 pharmacies du territoire à partir de leurs 185 établissements de répartition pharmaceutique en France métropolitaine, seront chargés de la livraison du vaccin Moderna. Vaccin qui nécessite des conditions de stockage et de transport plus souples que celui de Pfizer-BioNTech. Ce nouveau flux logistique "sera testé" et doit permettre de "construire les tuyaux pour y injecter les autres vaccins à venir", commente le porte-parole du ministère.
Quel rôle pour les pharmaciens ?
Les pharmaciens sont aujourd’hui déjà actifs en partie pour la distribution des vaccins, car le circuit officinal joue déjà un rôle dans l’approvisionnement de certains Ehpad ne disposant pas de pharmacie interne ou non intégré à un établissement de santé. Mais, avec l’arrivée de vaccins nécessitant des conditions de stockage et de transport plus souples et avec les approvisionnements par les grossistes-répartiteurs, le ministère envisage, sans donner d’échéance, une disponibilité prochaine des vaccins anti-Covid en officine. Ainsi, le porte-parole du ministère indique qu’une "question à se poser à partir de fin janvier sera : quel sera le rôle du pharmacien ?". Sous-entendu : les pharmaciens seront-ils habilités à procéder eux-mêmes aux vaccinations ?



